102è Année - Un siècle d’information - www.lematinhaiti.com - Dernière mise à jour : 13/02/2014 14:53:09   29 Jun 2017-10h16
Haïti/logement
« Kay Pam » attend encore des demandes
Le programme « Kay Pam », conçu conjointement par la Banque nationale de crédit (BNC) et la Banque populaire haïtienne (BPH) pour résoudre le problème de logement en Haïti, semble n’avoir pas encore atteint sa vitesse de croisière. Depuis son lancement, il y a à peu près deux ans, sur 352 requêtes reçues, seules 77 ont été approuvées.
Le programme « Kay Pam », conçu conjointement par la Banque nationale de crédit (BNC) et la Banque populaire haïtienne (BPH) pour résoudre le problème de logement en Haïti, semble n’avoir pas encore atteint sa vitesse de croisière. Depuis son lancement, il y a à peu près deux ans, sur 352 requêtes reçues, seules 77 ont été approuvées.

La problématique du logement est très préoccupante en Haïti. Au lendemain du tremblement de terre du 12 janvier 2010, elle s’est accrue davantage avec la destruction de plus de 105 mille maisons et 208 mille autres endommagées (rapport Amnesty International). Devenu un défi permanent pour les Haïtiens, l’initiative de la BNC et de BPH de faciliter l’accès au logement tombait à point. Le projet Kay Pam devait donc contribuer à réduire les problèmes de logement des ménages modestes. Il était spécialement destiné à la classe moyenne haïtienne décapitalisée par le tremblement de terre du 12 janvier 2010.

Que représente Kay Pam aujourd’hui ?

Lancé depuis le 19 juillet 2011, le projet Kay Pam devrait faciliter l’accès à la propriété privée en finançant jusqu’à 90 % des projets d’acquisition, de construction ou de réhabilitation de maisons et aussi d’acquisition de terrains. Avec un délai long jusqu’à 30 ans et un taux fixe de 8 % sur 10 ans, Kay Pam donne des prêts allant de 400 mille à 10 millions de gourdes. Il s’adresse aux agents de la fonction publique, aux employés du secteur privé et les socioprofessionnels qui répondent aux conditions d’éligibilité établies.

Les attentes ne sont jusqu’ici pas comblées, nous dit Jean Philippe Vixamar, président du Conseil d’administration de la Banque nationale de crédit (BNC) en dressant le bilan du programme presque deux ans après son lancement. « Se fondant sur l’acuité du problème de logement en Haïti, on s’attendait à ce que les 4 milliards de gourdes disponibles pour le projet s’épuisent entre 2 à 3 ans », a déclaré le patron de la BNC.

Jusqu'au 31 mars 2012, pas moins de 352 requêtes évaluées à un montant de 1.2 milliard de gourdes ont été reçues. 147 requêtes viennent du secteur privé et 205 du secteur public. Le département de l’Ouest vient en tête avec 301 requêtes et le reste est partagé entre les autres départements. De ces demandes, 77 seulement ont été approuvées pour un montant de 265.9 millions de gourdes. Kay Pam a déjà décaissé pour 39 requêtes et les 38 autres sont en cours de décaissement, a indiqué Monsieur Vixamar.

Pour l’instant, Jean Philippe Vixamar dit attendre des pièces complémentaires notamment des titres de propriété pour 225 requêtes. Sur les 352 demandes, dit-il, 50 sont rejetées en raison du fait que les titres de propriété sont incorrects (23 cas), 6 demandes sont désistées et 21 n’ont jamais soumis leurs titres de propriété. Ainsi, le nombre de clients bénéficiant du prêt Kay Pam se chiffre aujourd’hui à seulement 77.

Dans cette perspective, Monsieur Vixamar se plaint du fait qu’il n’y a pas de développeurs qui viennent avec de grands projets de construction de paquets de maisons pour que les gens puissent en acheter. Kay Pam, explique-t-il, est disposé à financer des personnes ou groupes désireux de faire un développement immobilier. Il est prêt à supporter en amont la construction des maisons et en aval à assurer leur acquisition par les clients potentiels. Hormis le projet de Belvil, informe M. Vixamar, il n’existe aucun développeur de ce genre de projet dans le pays. Mais, dit-il, il y a plein d’idées de projets qui attendent d’être mises en forme.

Conditions d’éligibilité

Pour être éligible au crédit Kay Pam, le demandeur doit avoir trois ans révolus dans la fonction publique ou une stabilité d’emploi dans une entreprise privée, a fait savoir Monsieur Vixamar. En outre, il ne devra pas figurer sur la liste des mauvais débiteurs du système bancaire, se trouver dans la population économiquement active, autrement dit, être âgé entre 18 et 65 ans : autant de conditions que doit remplir tout cadre du secteur public, du secteur privé ou les professionnels libéraux désireux d’accéder à ce prêt.

Les contraintes

Le problème des titres de propriété, nous explique Philippe Vixamar, demeure le plus grand problème qui empêche les gens d’accéder au crédit de logement en Haïti. Cette situation est valable pour tous les prestataires de crédit bancaire. Ce qui explique ce faible pourcentage (10 % environ) du crédit au logement. Hormis la question du titre de propriété, le coût élevé des transactions est aussi un gros morceau qui alourdit l’accès au crédit. Abordant la question du coût des transactions dans le pays lors des états généraux de l’investissement en Haïti, Frantz Carl Braun dit avoir considéré les coûts très élevés des transactions tels que les taxes, les hypothèques, les honoraires des notaires, les achats et ventes d’immeubles comme un « crime social ».

À son avis, à part les coûts de transaction élevés, la principale contrainte fiscale à l’investissement dans le secteur formel, dans l’immobilier résidentiel est l’existence du barème non incitatif, suranné et pénalisant de l’impôt locatif dit « Contribution Foncière des Propriétés Bâties(CFPB) ». Dans cette perspective, Monsieur Vixamar dit croire qu’il faut résoudre beaucoup de problèmes, notamment celui du foncier avant de pouvoir poser de fond en comble le problème de logement en Haïti.
Noclès Débréus
nonohaiti2007@yahoo.fr
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