102è Année - Un siècle d’information - www.lematinhaiti.com - Dernière mise à jour : 13/02/2014 14:53:09   26 May 2017-20h40
L’Université Quisqueya initie la création d’entreprises
Le Centre d’Entrepreneuriat et d’Innovation (CEI) de l’Université Quisqueya (UNIQ) de concert avec l’Institut de la Francophonie pour l’Entrepreneuriat (IFE), et grâce à une subvention du Fonds Clinton-Bush pour Haïti, se proposent de développer dans le pays l’esprit d’entrepreneuriat. Une formation gratuite et certifiée s’étendant sur environ un mois, totalisant 45 heures, est adressée à un public de diplômés de l’enseignement supérieur ou à des professionnels, tous aspirants entrepreneurs, et même à des entrepreneurs exerçants. Ils devraient sortir chacun avec un plan d’affaires susceptible de convaincre plus tard d’éventuels investisseurs et créer ainsi des entreprises.
Le Centre d’Entrepreneuriat et d’Innovation (CEI) de l’Université Quisqueya (UNIQ) de concert avec l’Institut de la Francophonie pour l’Entrepreneuriat (IFE), et grâce à une subvention du Fonds Clinton-Bush pour Haïti, se proposent de développer dans le pays l’esprit d’entrepreneuriat. Une formation gratuite et certifiée s’étendant sur environ un mois, totalisant 45 heures, est adressée à un public de diplômés de l’enseignement supérieur ou à des professionnels, tous aspirants entrepreneurs, et même à des entrepreneurs exerçants. Ils devraient sortir chacun avec un plan d’affaires susceptible de convaincre plus tard d’éventuels investisseurs et créer ainsi des entreprises.

C’est au Centre d’animation culturelle et multimédia Numa&Drouin de Jérémie, ce lundi 11 mars, après s’être préalablement inscrites quelques jours plus tôt, qu’environ une cinquantaine de personnes résidant dans le département de la Grand’Anse, ont commencé à recevoir cette formation sur l’entrepreneuriat proposée par le Centre d’Entrepreneuriat et d’Innovation (CEI) de l’Université Quisqueya (UNIQ).

Bénédique Paul, Ph. D, enseignant-chercheur à la faculté des Sciences économiques et administratives de l’UNIQ, est directeur du CEI. Il nous apprend que cette démarche de sensibiliser les jeunes diplômés à s’ouvrir à l’entrepreneuriat et de consolider les acquis des entrepreneurs exerçants, est subventionnée par le Fonds Clinton Bush pour Haïti. L’UNIQ, depuis sa fondation, précise le professeur Paul, a une vocation entrepreneuriale. Ainsi, outre la formation académique, les étudiants et les professeurs sont encouragés à la création d’entreprises, souligne notre interlocuteur qui entrevoit même une université en possession de certaines actions dans des entreprises. Celles-ci tiendraient alors lieu d’espaces de stages pour les étudiants, de lieu d’emplois pour les diplômés et aussi de lieu de financement pour les programmes de recherches de l’université.

En attendant, continue le professeur Paul, cette formation s’étendra sur quarante-cinq heures. A la fin, les participants bénéficieront d’un certificat qui sera cosigné par le doyen de la faculté des Sciences économiques et administratives, M Raulin Cadet. Comme celle déjà reçue l’année dernière par environ trois cents aspirants entrepreneurs dans le pays, cette formation ambitionne d’amener les intéressés à réaliser des plans d’affaires susceptibles d’être financés par d’éventuels investisseurs. Les bénéficiaires, avant d’en arriver à ce stade, devront préalablement, et grâce a des exercices pratiques, faire montre de certaines compétences liées à des contenus, tels, entre autres, l’entreprise, le concept d’entrepreneuriat, devenir entrepreneur, les compétences entrepreneuriales, les étapes de la démarche entrepreneuriale, passer de l’idée à l’opportunité des affaires, les étapes d’élaboration du plan d’affaires, le démarrage de l’entreprise, etc.

En tout cas, est convaincu le professeur Paul, cette formation présente un caractère standard, étant basée sur des modules proposés par l’Institut de la francophonie pour l’entrepreneuriat (IFE), mais adaptés par les formateurs haïtiens, des cadres sélectionnés dans les institutions du pays. La gestion de l’après est déjà envisagée par l’UNIQ, selon le directeur du CEI. L’institution n’étant pas dotée de moyens de financement, elle entrevoit donc une aide présentant quatre phases. En premier lieu, le CEI contracte avec un spécialiste en management chargé d’évaluer les plans d’affaires et de faire aux candidats les recommandations appropriées. Une assistance technique s’ensuit à laquelle succède un travail de coaching visant à motiver l’aspirant entrepreneur, le conseiller et suivre son évolution. En dernier lieu, assumant un rôle d’intermédiaire, de relais, le CEI prévoit d’accompagner les aspirants entrepreneurs dans leurs recherches de financement de leurs projets.

Des aspirants entrepreneurs enthousiastes

La jeune Sabine Dorcé, déjà détentrice d’un emploi, est du nombre de ces entrepreneurs potentiels. Elle ambitionne d’ouvrir une galerie d’art en vue de faire découvrir la beauté, la richesse artistique de sa région en particulier, la Grand’Anse, et d’Haïti en général. Elle confie avoir suivi quelques cours sur l’entrepreneuriat aux États-Unis où elle a étudié récemment. Mais, de son propre aveu, les notions n’ont pas été bien assimilées. Elle suit cette formation offerte par le CEI dans l’intention de se rattraper et d’arriver à développer les compétences pour monter un projet, un plan d’affaires. Sa motivation première, sans négliger les bénéfices personnels qu’elle pourrait en tirer, c’est de rendre service, de mettre ses talents au service de la communauté, confie-t-elle au Matin, avec une flamme dans le regard.

Diplômé en droit, avec quelques années dans la fonction publique, Jean Roussel Jean aspire lui aussi à devenir un entrepreneur. A ceux qui prétendent que les opportunités sont rares dans le pays, le jeune cadre s’oppose fermement. Loin de se laisser limiter par les fatalistes, il pense pouvoir aller au-delà des limites que semblent vouloir imposer les aléas de la vie haïtienne. Il sera un entrepreneur. Rejoignant la jeune Sabine, il entrevoit dans sa démarche à la fois une portée individuelle et sociale. Servir la communauté compte parmi ses priorités, nous dit-il. Aussi, en participant à cette formation proposée par l’UNIQ, il s’attend à acquérir beaucoup plus d’aptitudes en vue de transformer ses idées en faits, en projets « vendables ».

Romain Germain, pour sa part, travaille dans le secteur privé et est comptable. Sa participation à cette formation sur l’entrepreneuriat part, nous apprend-il, d’un constat. Il a réalisé que beaucoup de jeunes ne travaillent pas, or l’État ne pourra jamais répondre à toutes les demandes d’emploi. L’issue qu’entrevoit Germain, c’est la création d’entreprises comme génératrices d’emplois, donc de richesses, en vue d’alléger le fardeau de l’État. Il croit, lui aussi, que cette formation devrait pouvoir l’aider à normaliser, à concrétiser ses idées. Ensuite, grâce à l’accompagnement du CEI il s’attèlera à trouver les couloirs de financement pour ses projets.

A l’évidence, l’enthousiasme de ces aspirants entrepreneurs n’a d’égal que celui de Bénédique Paul, directeur du CEI. Ce dernier croit en sa démarche et en l’institution qui l’a habilité à l’entreprendre. Déjà à la fondation de l’UNIQ, souligne-t-il, le tiers de ses membres était issu du milieu des affaires. En comptant sur l’exigence de rigueur, la gestion de qualité alliée à l’amélioration de l’accès de ses membres issus de la société civile et à l’excellence académique réclamée par les membres issus du milieu universitaire, l’UNIQ, selon M Paul, détient suffisamment d’atouts pour promouvoir l’entrepreneuriat et assumer cette charge. La meilleure façon pour les participants, d’après le chercheur, d’illustrer leur enthousiasme, leur appréciation, c’est de produire des plans d’affaires susceptibles de déboucher sur la création d’entreprises performantes. Une attente, croit le directeur du CEI, qui sera certainement comblée.
Yvon Janvier
jyvon21@gmail.com
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