102è Année - Un siècle d’information - www.lematinhaiti.com - Dernière mise à jour : 13/02/2014 14:53:09   22 Oct 2014-18h23
Haïti/ Université
Une subvention controversée
Le 12 septembre dernier, le président de la République, Michel Joseph Martelly, a promis aux étudiants des 11 entités de l’Université d’Etat d’Haïti une subvention de 18 000 gourdes chacun. Le nombre d’étudiants concernés par ce projet est estimé à 22 000, pour l’année académique 2012-2013. En effet, pour donner suite aux promesses faites par le chef de l’Etat, le directeur général du Fonds d’Assistance économique et social (FAES), Klaus Eberwein a mis à la disposition des étudiants un formulaire d’inscription du projet baptisé: « Ede pep, kore etidyan », ce pour récupérer l’argent promis. Une subvention qui a soulevé et qui soulève encore bien des controverses au sein de la communauté universitaire haïtienne.
Le 12 septembre dernier, le président de la République, Michel Joseph Martelly, a promis aux étudiants des 11 entités de l’Université d’Etat d’Haïti une subvention de 18 000 gourdes chacun. Le nombre d’étudiants concernés par ce projet est estimé à 22 000, pour l’année académique 2012-2013. En effet, pour donner suite aux promesses faites par le chef de l’Etat, le directeur général du Fonds d’Assistance économique et social (FAES), Klaus Eberwein a mis à la disposition des étudiants un formulaire d’inscription du projet baptisé: « Ede pep, kore etidyan », ce pour récupérer l’argent promis. Une subvention qui a soulevé et qui soulève encore bien des controverses au sein de la communauté universitaire haïtienne.

En effet, dans le courant de cette semaine, plusieurs dizaines d’étudiants de différentes facultés de l’UEH, ont manifesté leur enthousiasme devant le secrétariat de leur faculté respective pour se faire enregistrer. C’est le cas de la faculté de Droit et des sciences économiques(FDSE), de ISESS ci-devant IERAH et bien d’autres. Néanmoins, à la faculté des Sciences Humaines(FASCH) les responsables ne semblent pas être au rendez-vous. Certains membres du personnel de cette faculté, interrogés sur la question, répondent qu’ils ne sont pas au courant de l’existence de ce formulaire.

Sur la cour de la faculté, des étudiants opinent sur l’aide offerte par le président Martelly. Ils ont déclaré que le problème de l’université est beaucoup plus profond. Une simple subvention ne saurait le juguler. Ces étudiants qui ont requis l’anonymat affirment qu’aujourd’hui, l’UEH est en proie à des difficultés de toutes sortes. Elles sont d’ordre structurel et économique. A cela il faut ajouter le problème de bibliothèque et le manque de ressources humaines qualifiées.

Soulignons que diverses entités de l’UEH ont été lourdement touchées par le passage du séisme dévastateur du 12 janvier 2010. Certaines d’entre elles donnent encore des cours sous des abris transitoires devenus permanents par la force des choses. Près de 3 ans après la catastrophe, ces hangars ne répondent pas aux conditions climatiques. Les cours ne sont pas possibles lorsqu’il pleut ou lorsqu’il fait chaud.

Certains cadres des facultés de l’UEH ne manquent pas de fustiger le comportement des dirigeants qui selon eux, sont entrain d’affaiblir les institutions du pays en violant les principes de base en administration qui veut que les institutions se traitent avec les institutions dans le cadre d’une démarche administrative correcte. Malgré son imperfection administrative le processus poursuit son cours. Réticence, abstention, ignorance du programme «Kore etidyan » sont entre autres ce qui caractérisent l’attitude de certains membres du personnel de la FASCH.

Au sein de l’UEH les avis semblent divisés entre les étudiants et professeurs quant à la participation ou non à la subvention du pouvoir « Tèt Kale ». Si pour certains étudiants la démarche a été mal articulée, cependant, d’autres n’y voient aucun inconvénient. Selon ces derniers, cette modique somme ne va en rien changer leurs conditions de vie. De surcroît, c’est une partie de nos taxes que le pouvoir nous restitue, ont-ils avancé.

Pour le sociologue, Joseph Chéry, “subventionner des étudiants issus de famille modeste n’est pas une mauvaise chose dans un pays pauvre comme le nôtre. Cependant la formule utilisée par le gouvernement Martelly/Lamothe est démagogique”. Elle entend corrompre les étudiants en vue de saper leurs mouvements de revendication qui vise une réforme en profondeur de l’UEH selon le responsable du département de sociologie à la FASCH.

Comment peuvent-ils apprendre si les étudiants n’ont pas de bibliothèque, ni laboratoires informatiques pour effectuer des recherches? Comment les étudiants peuvent-ils rédiger leurs mémoires de sortie si les professeurs ne sont pas bien rémunérés pour les encadrer? Comment un étudiant peut-il être productif s’il a faim? Autant d’interrogations soulevées par le professeur.

L’idée de subvention n’est pas mauvaise en soit mais c’est la démarche employée qui est délétère a poursuivi l’homme de science. Selon lui, si cette équipe voulait réellement aider les étudiants, elle aurait pu par exemple: mettre en place un système de transport gratuit pour les étudiants. Une cafétéria où les étudiants peuvent manger à meilleur prix, non dans le souci de faire de la charité aux étudiants mais dans le respect de leur dignité, a-t-il indiqué.

A noter que tous les étudiants de l’UEH ne sont pas automatiquement éligibles. Cette aide de 18 000 gourdes est repartie 2000 gourdes sur une période de 9 mois, est assortie de certaines conditions qui prennent en compte les aspects comme l’ âge (ne dépassant pas 30 ans), le nombre de temps passé à la faculté (ne devant pas être inférieur à 6 ans), une moyenne de 65 % pour ne citer que cela.

Un peu plus loin, le professeur voit dans la stratégie du pouvoir, une manœuvre pour créer une division voire des discordes entre d’une part les étudiants qui sont en faveur de la subvention et ceux qui en sont hostiles au sein de l’UEH, d’autre part entre les étudiants de l’UEH et ceux des autres universités du pays.

A entendre, M. Chéry ces étudiants sont en droit de réclamer eux aussi des subventions puisqu’ils étudient, paient des taxes comme tous autres citoyens dans le pays. Selon le professeur, ce programme pourrait déboucher sur des désordres dont les conséquences sont imprévisibles.

Le représentant de la faculté de droit au sein de l’UEH, Pascal Adrien, affirme que le pouvoir « Tèt kale » se trompe s’il pense pouvoir acheter la lutte des étudiants. Nous poursuivrons cette route pour réclamer de meilleures conditions de travail au sein de l’université, la reconstruction des facultés effondrés et des campus pour accueillir les milliers de bacheliers qui augmentent chaque année, de meilleurs traitements pour les professeurs. Ce sont la quelque unes des revendications dans le cahier de charge des étudiants qui n’entendent pas lâcher prise. Ils ont annoncee une manifestation pour bientôt.
Enel Fleurantin
fleurenel@gmail.com
Commentaires des lecteurs
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Mike | 07/12/2012
Mwen pa kompran bagay sa menm. Universite bay aid se vre men gen fason pou universite ya ka recupere lajan. Marteli ta dwe investi pi plis pou universite yo te ka centre de recherches. Fe yon patisipe nan activite universitaire tankou aide professe e peye yo. Yon posyon nan lajan lab bay teka ed et yon posyon teak yon lajan prete pou etudyan yo remet leta le yon fini.
 
Leonidas | 07/12/2012
subvention de 18000 gdes pour masquer l'incompetence de yon bann ti mulat ak mulatres tet gridap , tet krot qui ne savent comment adresser un probleme interessant le Pays tout entier.Yo konprann se al vomi tout sa blan an foure nan kalbas tet yo pou soti ak yon master , yon Phd pou sa fe lajan a letranje , apre pou yo vinn gagannen nan figu moun alos ke atitud yo montre klerman ke yo fout sot , remplis de suffisance et d’arrogance stupide , sans originalite , sans touche personnelle dans leurs reflexions. Je l’ai dit et foute redit : Tou totan ke Peup Aysyen pa reusi organizel otour de yon KONFERANS NASYONAL li kondane poul retounen san rete nan vomismanl.
 
Edouin | 07/12/2012
Il y a un sérieux problème de dignité dans ce pays, je parlerai de la malnutrition structurelle de la pensée des haïtiens. Pour quelque centimes, ils se ferment la bouche pour ne pas fâcher un chef. Pour quelque centimes ils s’entre-tuent.
 
Leonidas | 07/12/2012
@Le Rocher. You got it wrong: I do hate what ” AZIBE” Martelly pretends to be able to ( Chief of State) because of what he feels he can. I am a retired professional and I have the means of my freedom of thought , without having to go down to the swamp of politics. I don’t care at all about such a stupid jackass. SORRY!!!
 
haitisepam | 07/12/2012
mwen pa konprann sa kap pale a, premye minis la deklare " Etat d'urgence" epi yap gagote lajan peyi a konsa. Kiyès ki ka dim kisa yap fè ak lajan sa a vre? Eske etidyan ap jwenn kòb la? Yo menm di ke yo pral pran 30% sou lajan bonus tout anplwaye. Se sa ki pral montre ke tout moun zombi nan peyi sa-a. A la mizè pou malere, yo fè sa yo vle nan lajan pèp la. Nou mele!
 
Le Neveu | 07/12/2012
Michel Joseph Martelly, n’étant pas chef de gouvernement, n’a aucune promesse à faire à qui que ce soit. Les Parlementaires, ayant ratifié le choix de M. LL, ont rendu ce dernier responsable des sous de la République. Ainsi, sans responsabilité aucune, MM, dans la situation économiquement difficile du pays, flambe 9.5 M $ US. Dépense qui n’aura aucun effet sur l’université en tant que telle ou sur les étudiants en particulier. Même ceux qui ne voient aucun inconvénient à encaisser cette somme reconnaissent qu’elle ne va en rien changer leurs conditions de vie. En tant qu’étudiant. En tant que citoyen. C’est quoi alors les objectifs que la Présidence s’est fixés? Certaines personnes questionnées dans cet article parlent de choses qui sont le benjamin des soucis de la Présidence, comme : -les problèmes d’ordre structurel et économique de l’UEH; - l’équipement des bibliothèques et des laboratoires informatiques -le manque de ressources humaines qualifiées; - le traitement des professeurs; - la reconstruction des locaux effondrés des facultés… Faut comprendre qu’entre institution et individu, le pouvoir populiste choisira l’individu. C’est lui qui vote. C’est lui qui est corruptible. C’est lui qu’on peut entrainer dans toute sorte d’aventures. Pour être éligible à ce programme, un étudiant doit posséder ou se procurer un cellulaire de Digicel; il doit s’inscrire au Chocho Mobile, qui lui exigera des frais de 2% sur la somme transférée; il doit fournir au FAES de Klaus Eberwein et à Chocho Mobile des coordonnées personnelles très volatiles, dont la confidentialité n’est pas assurée. Annoncée en septembre, cette annonce a fait grimpé le nombre des étudiants de 1ère année : surcharge supplémentaire de locaux déjà exigus et inadéquats. Surveillez le baromètre, qui vous indiquera quand il y aura cours. Bonne nuit les Petits et bonne année académique.
 
 
 
 
 
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