102è Année - Un siècle d’information - www.lematinhaiti.com - Dernière mise à jour : 13/02/2014 14:53:09   26 May 2017-20h39
Kafelodyans : le rendez-vous culture-livre de la DNL
La littérature, la culture, l’art au singulier, au pluriel, Le livre dans ses complexités, la direction nationale du livre en parle au quotidien. Expositions, atelier de formation, foire du livre, café littéraire, les initiatives ne manquent pas. L
La littérature, la culture, l’art au singulier, au pluriel, Le livre dans ses complexités, la direction nationale du livre en parle au quotidien. Expositions, atelier de formation, foire du livre, café littéraire, les initiatives ne manquent pas. Le pays semble être au cœur d’une reconstruction en posant d’abord les jalons de la culture considérée comme l’un des socles les plus solides de cette République qui se veut finalement différente.

Kafelodyans est l’une des créations de l’instance chargée de réguler la chaine du livre en Haïti. Désormais, les bonnes vieilles habitudes sont de retour dans cette « Port-au-Prince », sale, délabrée, fatiguée et en état de décrépitude. Le rendez-vous culture-livre semble attirer la grande foule : acteurs de la chaine du livre, journalistes, professionnels, littéraires, artistes et écrivains. Les trois éditions en témoignent. Le partage du savoir parait atteindre sa vitesse de croisière et participe de plein pied à la reconstruction du pays.

Le jeudi 29 novembre dernier ramenait la 3e édition de ce nouveau rendez-vous du débat –littéraire de la DNL. L’hôtel Le Plaza a été l’hôte de cet évènement où écrivains, éditeurs, distributeurs et acteurs de la chaine du livre se sont entretenus pour parler « livre » dans ses multiples fonctions. L’objet-livre dans ses étapes. De la conception à la librairie. Les différents mécanismes, les multiples problèmes auxquels fait face cette filière.

« Le livre dans sa trajectoire », tel a été le thème de cette édition de Kafelodyans. Intervenants triés sur le volet. Public select. Débats intenses. La littérature s’est vu discuter au cœur d’un Champ de Mars assoiffé de débat sur des agoras livrés au grand banditisme. Le livre dans son acception du thème est compris autrement.

Hérard Jadotte, directeur des Editions de l’Université d’État d’Haïti, a fait une sorte d’historicité de l’édition dans le monde. De l’impression de la Bible par Gutenberg à aujourd’hui, le secteur de l’édition a connu des moments difficiles. Le processus de professionnalisation n’a pas été si facile. Haïti encore plus. Des ressources matérielles et des ressources humaines, la rareté est des plus difficiles.

Le professeur Jadotte a compris le choix de certains « écrivains » de se faire publier à compte d’auteur mais se questionne sur le danger qui en découle. Une sorte de légitimation du texte. Problèmes de typographie. Textes souvent truffés de fautes. Pagination mal fagotée. De l’amateurisme au vu et au su de tous. Le natif du Nord-Ouest plaide pour une professionnalisation du secteur tout en soulignant les difficultés auquel fait face le secteur.

Quant à Marvin Victor, il s’est contenté de parler du travail constant sur la langue. Il a fait comprendre que l’écrivain doit travailler l’outil avec lequel il produit. « Le choix de la langue importe peu, mais elle doit être châtiée et épurée dans sa forme la plus totale », a laissé entendre Marvin Victor.

L’auteur de « Corps mêlés » a aussi fait allusion au Temps. Son poids et ses conséquences sur la personne humaine. A son avis, l’écrivain n’en est pas du tout exempt. Au moment de travailler sur un texte, le temps joue beaucoup sur les personnages, la qualité du texte et les interactions entre les différents acteurs.

La 3e intervenante, Anaïse Chavenet a beaucoup plus parlé d’affaires. Le livre n’est pas que savoir. Il apporte aussi du fric. Il fait appel aussi à des structures matérielles. Il doit être aussi mesuré par le thermomètre du temps. Le coté business et management du secteur a été grandement débattu. La responsable de Communication plus, a relaté les grands problèmes du système. Comment faire parvenir les livres haïtiens édités à l’étranger ? C’est encore le grand casse-tête. Cette question fait, de plus, les choux gras de certains conciliabules entre intellects et acteurs du secteur. Elle a aussi mis en exergue le problème de libraires non professionnels et la disparition des différentes librairies existant dans le bon vieux temps surtout en province. Donc, la difficulté est encore entière et réside surtout dans la question de circulation des livres. Elle plaide pour une chaine du livre plus professionnel et plus dynamique.

Cette nouvelle dynamique qui s’effectue dans le domaine de la littérature sert à renforcer le secteur au fil des ans. Le secteur privé s’efforce de tenir le flambeau mais les contraintes sont encore énormes. Le secteur public met certains jalons. Le maigre budget qui lui est alloué laisse à désirer. Cependant, des budgets faramineux ne peuvent nullement empêcher le processus de création dans tous les domaines particulièrement la littérature. Ce débat littéraire doit être à la fois une arène où se posent les grands problèmes du secteur culturel mais aussi un espace de création pour un devenir littéraire plus certain.

Kafelodyans est en devenir. Elle se cherche encore dans ses multiples missions qu’elle s’est données. Le travail de ralliement des acteurs du secteur est une quête de longue haleine. Il est encore plus corsé dans un pays comme Haïti. Le rêve est-il donc possible ? Ceux qui y croient tiendront encore pour longtemps la barre.
Direction nationale du livre
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