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| Jean-Claude Garoute "Tiga"... |
En 1970, Tiga entreprend (avec Maud Robart) une ambitieuse initiative visant à renouveler la peinture haïtienne. Il pensait mettre ses techniques académiques en diapason avec le vaudou. En 1973, l’expérience accouche du mouvement Saint-Soleil. Installé à Soisson-la-Montagne, Saint-Soleil se voulait un atelier communautaire où travaillaient les riverains de la zone.
À l’instar du « Free Jazz » des années 50-60, le mouvement Saint-Soleil privilégie l’intuition sur l’académisme en guise de méthode de travail. Quarante ans après, des artistes (allant de la 2e à la 4e génération Saint-Soleil) fondent l’Association des artistes Saint-Soleil (AASS) en vue de pérenniser le mouvement Saint-Soleil.
Les activités commémoratives des 40 ans du mouvement Saint-Soleil avaient débuté avec une exposition de toiles chez l’Américaine Madame Dauphiné, selon Guethin Exil et Smith Denis. Ils sont, respectivement, Président et Vice-président de l’Association des Artistes Saint-Soleil (AASS). L’ambassadrice américaine Pamela White était présente lors du lancement des activités le 29 septembre dernier.
D’où vient Saint-Soleil ?
Dans la foulée, une autre exposition avait eu lieu du 23 octobre au six novembre dernier à l’Institut français en Haïti (IFH). Le 4 décembre, il y aura un accrochage (exposition sans vente) au Musée du Panthéon national d’Haïti (Mupanah). Une semaine plus tard, soit le 11, la Galerie Nader accueille une exposition-vente. Les 13 et 14, l’Université Quisqueya ce sera le théâtre d’une rotation artistique. Une exposition-vente s’y tiendra parallèlement.
De l’avis du Président et du Vice-président de l’AASS, la rotation artistique est une technique de création libre inventée par Jean-Claude « Tiga » Garoute. Elle consiste à mettre des matériels de travail à la disposition des volontaires.
Les récipiendaires de cette rotation artistique seront des enfants de 3 à 13 enfants. L’AASS mettra de l’encre, de la peinture, des tambours, de la pâte à modeler, de l’argile, de la poterie, de la céramique...à la disposition des enfants. « Les parents sont donc invités à y emmener ceux -ci à cette rotation artistique », précise Abner Smith, artiste-membre de l’AASS.
Les activités de samedi et dimanche (1e et 2e) décembre prochain ne marqueront pas la clôture de la commémoration des 40 ans du mouvement Saint-Soleil. Les événements prévus s’étendront jusqu’au mois de janvier.
En effet, le 21 janvier 2013, un autre accrochage se tiendra au Mupanah. L’AASS compte transformer la maison où vivait Tiga à Moisson La Montagne en un Musée international Saint-Soleil. Les enfants de Tiga, dont Pascal Garoute, Claude Garoute et Tony Garoute, ont déjà donné leur consentement pour transformer cette maison en musée.
Jean-Claude Garoute « Tiga », né le 9 décembre 1935 à Port-au-Prince, est mort le 14 décembre 2006 à Miami. C’est un artiste polyvalent et professeur de peinture, de sculpture, de céramique et de musique, etc.
Le nom Saint-Soleil du mouvement dont l’AASS fête les 40 ans à Soisson La Montagne le samedi et dimanche 1 et 2 décembre prochain, a été suggéré par Saint Brice. Le critique, en admiration devant un tableau de Tiga, avait déclaré : «mais c’est le Saint-Soleil ».
En conclusion, rappelons que l’écrivain et critique d’art français, André Malraux, avait visité Saint-Soleil à Soisson-la-Montagne en 1975. Par voie de conséquence, n’a-t-il pas dû modifier le manuscrit de son livre « L’Intemporel » pour y introduire un chapitre entier sur les activités des artistes de Saint-Soleil et ce, avec force lyrisme.