102è Année - Un siècle d’information - www.lematinhaiti.com - Dernière mise à jour : 13/02/2014 14:53:09   25 Dec 2014-00h48
Haïti/Politique
Quand l’urgence estompe la tradition
Vertières! Le dernier combat. Le jour où le noir s’est dit homme et a imposé son humanité aux autres races. C’est aussi, la naissance de l’espoir pour les millions de fils de l’Afrique opprimés et déshumanisés, durant plus de deux siècles, dans les colonies. Bien qu’isolée, la première République noire indépendante qui naquit, en ce jour, grâce aux prouesses des Aïeux, a modifié le cours de l’histoire de l’humanité. Elle s’est érigée en symbole de liberté et de fierté.
Vertières! Le dernier combat. Le jour où le noir s’est dit homme et a imposé son humanité aux autres races. C’est aussi, la naissance de l’espoir pour les millions de fils de l’Afrique opprimés et déshumanisés, durant plus de deux siècles, dans les colonies. Bien qu’isolée, la première République noire indépendante qui naquit, en ce jour, grâce aux prouesses des Aïeux, a modifié le cours de l’histoire de l’humanité. Elle s’est érigée en symbole de liberté et de fierté.

Quand on oublie Vertières ou qu’on l’ignore, c’est un pan de l’histoire de l’humanité qui est oublié. Et ce sont tous les combats menés par l’Homme noir pour imposer la liberté comme valeur transcendantale qui sont négligés. Vertières n’est donc pas seulement à nous, mais au monde. La déclaration de Dessalines, qui fait de tout homme qui foule la terre d’Haïti un homme libre, est symbolique de l’état d’esprit qui animait les héros de Vertières et de la force qui les poussait en avant dans ce combat contre l’absurde. Notre présent est moins héroïque et moins réjouissant.

Les crises minent l’existence du pays. L’état d’urgence est décrété pour lutter contre les urgences. Beaux prétextes ! C’est en tout cas, ce que les deux plus grandes figures de la nation ont trouvé comme excuse pour s’absenter le jour de la commémoration de ces hauts faits historiques qui nous vouent une place de choix dans l’histoire et la reconnaissance de l’humanité. Le Président s’est rendu au sommet Ibéro-américain. Il a représenté Haïti, qui a un statut de pays observateur au sein de ce groupe d’État. Les chefs de file, de ce regroupement politico-économique, ne sont autres que l’Espagne et le Portugal, des pays fortement touchés par la crise économique mondiale et qui peinent à se redresser.

C’est aussi dans un contexte tout à fait particulier qu’est intervenue cette double absence. L’affaire Brandt qui mouille le Palais national. Les négociations autour du Conseil, qui organisera les prochaines élections, qui stagnent. L’urgence résultant du passage de l’ouragan Sandy sur le pays, et les mouvements de contestations contre la vie chère etc. L’insécurité. Un cocktail vraiment explosif. La fuite était une solution viable, pour éviter certains grands dossiers, notamment celui de l’armée d’Haïti. Mais, il faudra revenir et y faire face.

Le pays questionne ce mépris caractérisé de la chose nationale. L’économiste Camille Charlmers croit que le président de la République devait accorder la priorité au 18 novembre. Le responsable du PAPDA explique que M. Martelly aurait pu se faire représenter à ce sommet ibéro-américain, soit par le ministre des Affaires étrangères, Pierre Richard Casimir ou le Premier ministre, Laurent Lamothe. C’est ce qu’a fait nombre de chefs d’État comme celui de l’Argentine, de Cuba, du Venezuela, du Guatemala, d'Uruguay et du Nicaragua. Ils furent représentés par leur vice-président ou leurs ministres des Affaires étrangères. « L’absence du président à Vertières est un véritable scandale, et c’est la preuve que nos dirigeants ne s’associent pas à la mémoire historique du peuple haïtien », s’est indigné l’économiste qui a fustigé le comportement des responsables. « Un pays qui ignore son passé n’ira nulle part », a-t-il conclut.


Célébration, quand même !

La ministre des Finances, Marie Carmelle Jean-Marie, devait les remplacer dans les cérémonies officielles, à titre de Premier ministre ai. Pourtant, au MUPANAH, c’est à la première Dame qu’il était donné de déposer la gerbe de fleurs au pied du monument représentant les exploits des ancêtres à Vertières. Un grand symbole, selon les opposants au pouvoir. Qui a vraiment assuré l’intérim ?

Au Cap-Haïtien, les jeunes ont maintenu en vie la tradition. Ils ont célébré, défilé et réaffirmé leur fierté haïtienne. L’absence des officiels étaient frappantes. Le directeur départemental et le député de ladite ville ont été à quelques exceptions près, les seules grandes figures présentes à ces manifestations. Du jamais vu, dans les annales de l’histoire. Ces activités se sont aussi déroulées sur fond de controverses. Dans les jours qui ont précédé le 18 novembre, certains symboles de la ville du Cap ont été littéralement souillés, vandalisés, soit par des officiels, soit par des inconnus. Ce fut le cas pour la barrière Bouteille qui a été repeinte en rose, et les statues de Vertières qui ont été à moitié repeintes, toujours en rose, couleur du pouvoir. Coïncidence ! Manœuvre de déstabilisation. Les réponses sont encore attendues.

Malgré tout, les activités commémoratives, au goût du ministre de la Communication, Ady Jean Gardy, ont été grandioses. Les réponses ne se sont pas fait attendre. Le pays a déjà connu mieux que ça, ont fait remarquer les parlementaires, Moïse Jean Charles et Sadrac Dieudonné. « Le président Martelly n’a aucun sens des valeurs et aujourd’hui, il s’érige contre la tradition », ont-ils soutenu. Des déclarations qui ne sont pas près de troubler le calme apparent animant le président de la République alors qu’il délectait dans les tribunes officielles du stade Santiago Bernabeu, une performance mémorable du club de foot local, le Real Madrid, qui écrasait par cinq buts à un, l’Athletic Bilbao.

Michel Martelly aura donc passé, bon gré, mal gré, plus d’une semaine hors des frontières de la République. En quête d’opportunité pour résoudre les problèmes qui minent l’existence de son peuple. Lors de son périple, il a prononcé un discours au sommet Ibéro-américain, visité le Parlement européen et le Vatican, où il s’est entretenu avec le Pape Benoit 16. À son retour, les vieux dossiers l’attendent, ainsi que les nouveaux que soulève ce voyage pour le moins controversé. La bénédiction du Pontife suffira-t-elle à protéger le chef de l’État contre le courroux de ses opposants?
Lionel Edouard
doulion29@yahoo.fr
Commentaires des lecteurs
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mateli | 24/11/2012
Marthélly est un vrai apprenti colon dictateur fils de putre. Car à présent, il laisse tomber nos ancetres pour l'europe qui nous a opprimé, decimé tout un peuple par les espagnols. Ce marchand d'esclave n'a plus sa place dans la république, c'est un traite, il doit payer et juger pour ses actes de traison. Il doit etre en prison pour huniliation de la république.
 
mateli | 24/11/2012
Pour raffraichir notre memoire. C'est l'église Catholique qui nous a mis en esclavage par l'entremise de Las Casaz,nous fait venir de l'Afrique après la décimation des indiens (Tainos) en Haiti. Il nous fait travailler comme des animaux jusqu'aux os, nous explote et nous voler tout ce que nous possedons. Ce fils de putre desornore nos antres pour l'Europe c'est une ho
 
 
 
 
 
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