102è Année - Un siècle d’information - www.lematinhaiti.com - Dernière mise à jour : 13/02/2014 14:53:09   17 Sep 2014-07h31
Haiti/Insécurité
Insécurité à Jacmel : la population se mobilise
Jorym Xiam Etienne a été finalement libéré, contre rançon, dans la nuit du 21 au 22 novembre. Ces parents n’ont pas voulu révéler à la presse la valeur du montant livré aux bandits. Il a été relâché du côté de Lamandou. Des milliers de citoyens ont spontanément gagné les rues de la ville tôt dans la matinée du jeudi 22 novembre pour protester afin d’obtenir la satisfaction des autres revendications agitées lors des trois premières journées de manifestation.
Jorym Xiam Etienne a été finalement libéré, contre rançon, dans la nuit du 21 au 22 novembre. Ces parents n’ont pas voulu révéler à la presse la valeur du montant livré aux bandits. Il a été relâché du côté de Lamandou. Des milliers de citoyens ont spontanément gagné les rues de la ville tôt dans la matinée du jeudi 22 novembre pour protester afin d’obtenir la satisfaction des autres revendications agitées lors des trois premières journées de manifestation.

Lors d’une conférence de presse tenue le jour même dans les locaux du commissariat de Jacmel, le directeur général de la PNH, Godson Aurélus a informé que le réseau de kidnapping qui opère dans cette ville est le prolongement du réseau de Brandt.


sur les mouvements de protestation

Les habitants de Jacmel disent non à l’insécurité. Une vive tension a régné au Centre ville et ses zones avoisinantes durant les trois premiers jours de la semaine écoulée, suite l’assassinat de l’agronome Jean Mary Patrice Etienne, oncle du jeune Jorym Xiam Etienne qui a été enlevé.

Plusieurs milliers de citoyens avaient alors gagné les rues, lors de ces trois journées de tension, pour manifester et demander aux autorités policières de prendre leurs responsabilités face à cette remontée brutale de l’insécurité. Ils réclamaient, entre autres, justice pour les victimes de ce crime odieux perpétrés par des malfrats qui courent encore les rues de la métropole du Sud-Est. Les protestataires, visiblement très en colère, ont dressé des barricades enflammées dans plusieurs rues de la cité d’Alcibiade Pommayrac.

Mise à part l’insécurité, les manifestants ont aussi protesté contre la distribution au rabais du courant électrique qui, disent-ils, favorisent l’action des bandits. «À partir de deux heures du matin c’est le black-out total et les bandits en profitent pour opérer librement», ont souligné certains protestataires qui réclament en même temps la démission du directeur du Centre Semi-autonome de Jacmel, Olivier Marcaisse. La résidence de ce dernier a même essuyé des jets de pierre, lors de la manifestation du lundi 19 novembre. La situation sécuritaire de la population jacmélienne parait donc de plus en plus difficile. L’assassinat de Jean Mary Patrice Etienne dans sa résidence privée dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 novembre à Demontrueil fut la dernière goutte d’eau qui a fait renverser le vase. De nombreux autres cas de violence, de toutes sortes, ont été enregistrés dans la région depuis plusieurs semaines. Le sénateur Edwin Zenny avait même appelé à un renforcement des forces de sécurité de la région. Rien n’avait été fait.

Suite aux manifestations, plusieurs unités spécialisées de la Police Nationale d’Haïti ont fait leur apparition dans la ville, en vue de mater le mouvement, pour le moins citoyen, qui visait à dénoncer les exactions des bandits, ainsi qu’à responsabiliser les autorités. Les forces de l’ordre ont, comme à l’accoutumée, fait un usage excessif de gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Environ trois enfants ont été affectés par l’odeur suffocante de ces gaz qui provoquent l’étouffement. Ils ont été rapidement transportés à l’Hôpital. Pour le moment, aucune information n’était disponible sur leur état de santé. Toutes les activités avaient été paralysées durant ces trois jours de contestation citoyenne à Jacmel. Des bureaux publics aux établissements scolaires, toutes les institutions avaient fermé leurs portes. Toutes les rues avaient été occupées par les protestataires qui étaient pour la plupart des jeunes.

L’église catholique également, lors de ces trois journées de contestations, s’était prononcée sur l’insécurité grandissante à Jacmel. L’évêque du sud-est, Saturnay Launay dans un message préenregistré, le lundi 19 novembre, a condamné l’action des criminels notamment le meurtre de Jean mary Patrice, suivi de l’enlèvement du jeune Jorym Xiam. Il invite de ce fait, les autorités à assurer la sécurité de la population.

Une réunion d’urgence tenue au bureau de la délégation du sud-est, le mardi 20 novembre a permis la mise sur pied d’une cellule de crise composée de plusieurs secteurs organisés de la ville, dont l’église afin de trouver une solution aux problèmes auxquels sont confrontés les Jacméliens. Les autorités départementales ont, par ailleurs, lancé un appel au calme aux manifestants solidaires de la famille Etienne, afin qu’ils laissent les autorités compétentes menées leurs enquêtes autour de cette affaire.

Entre-temps le directeur départemental de la police du sud-est, Sagesse Ovilmar, a été transféré au département du nord-ouest. Il a été remplacé par Frantz Elbe. Voilà un mouvement qui donnera sûrement des idées au reste du pays.
Roland Joseph
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