Le vibrion cholérique bat son plein en Haïti. Chaque jour qui passe laisse derrière lui son lot de victimes. Son bilan s’alourdit de plus en plus. Après le passage de l’ouragan Sandy, le nombre de contamination ne cesse d’augmenter. Au cours des 18 premiers jours du mois de novembre, selon les chiffres rendus publics par le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) plus de 44 morts ont été dénombrés sur l’ensemble du territoire. Dans certains endroits, la population se trouve sans défense face à ce mal qui répand sans cesse et partout son venin.
La destruction d’un nombre important de structure de traitement de cette maladie et une gestion à l’emporte pièce de la part des autorités sont, selon plus d’un, les principales causes de cette recrudescence.
Certains endroits du pays ont été sous les eaux pendant plus d’une semaine. Les gens vivent dans la promiscuité la plus complète sans aucune infrastructure sanitaire. Les ordures et excréments sont très mal gérés partout. De fait, les circonstances ont favorisé la propagation de la maladie dans tous les coins du pays. Le milieu ambiant constitue, de fait, un canal favorable à la propagation de la bactérie.
Coupés du reste du pays, les habitants de ces régions ne savaient pas à quel saint se vouer. Ils sont privés d’eau potable, de kits hygiéniques et sanitaires sans oublier de centres de santé adéquats. Dans certains endroits, mêmes les centres de réhydratation ont été sous les eaux.
Dans cette période précitée, pas moins de 5 438 Haïtiens ont été contaminés. C’est une situation qui dépasse les autorités gouvernementales. A la manière de l’ancien premier ministre haïtien, Gérard Latortue, la directrice du MSPP, Guirlene Raymond Charite, est tenue à l’impossible. Une réponse, promet-elle, sera apportée afin de résoudre ce problème. Quelle réponse ?
Selon la responsable, l’ouragan a détruit une grande quantité d’infrastructures sanitaires surtout dans le grand Sud du Pays. Elle informe que 38 structures sanitaires, dont des Centres de Traitement du Choléra (CTC), avaient été endommagées. Des nouveaux foyers de la maladie ont été répertoriés. Cap-Haïtien, Labadie, Miragoâne Jacmel, Belle Anse, la voute, Lascahobas Petit Goâve, Delmas, Pétion-ville et Carrefour sont considérées comme étant des zones chaudes, tenant du nombre de cas de contamination dans espaces.
Selon certains observateurs, pour le moins avisés, en Haïti, toutes les conditions sont réunies en vue de la propagation du bacille de Virgule. Cependant, l’eau et les aliments contaminés sont les principaux vecteurs de transport de cette infection intestinale. Les responsables du ministère prétendent ignorer le mode de propagation. Selon le directeur du département épidémiologique, Roc Magloire, une étude devait être en cours afin de mieux comprendre la présence de la bactérie dans ces régions. Aussi promet-il, le ministère fera tout afin diminuer la létalité du vibrion. Ils affirment, que les résultats relatifs au rebondissement de la maladie est sous contrôle.
Les solutions apportées jusque-là ne sont que conjoncturelles. La question de l’éradication de cette maladie, pour l’instant est un leurre. Le problème n’est pas résolu à la base. C’est une population délaissée. Aucune campagne d’éducation n’a été faite en ce sens. Après 25 mois, certains membres de la population continuent d’ignorer les principes hygiéniques et sanitaires pour combattre ce fléau. Dans les zones sévèrement touchées, selon la directrice du MSPP, devait être formée une structure de nature à favoriser une meilleure communication entre les élus locaux et les personnels de santé.
En ce qui a trait aux moyens de propagation de la bactérie, plusieurs études ont été déjà réalisées. L’ancien directeur général de la direction nationale de l’Eau potable et de l’Assainissement Gérald Jean-Baptiste a affirmé à maintes reprises que les excrétas représentent un problème d’assainissement majeur. Et c’est, disait-il, la principale source de propagation. Jusqu’ici, ordures et excrétas, même dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, ne sont pas gérés de manière rationnelle. Quand on sait que dans le milieu rural haïtien, moins de 40% de la Population possède une latrine, il y a lieu de questionner la volonté et la capacité de ces dirigeants à apporter une réponse à ce fléau qui hante le pays depuis plus de deux ans.