102è Année - Un siècle d’information - www.lematinhaiti.com - Dernière mise à jour : 13/02/2014 14:53:09   24 Nov 2014-00h02
Des cadres haïtiens dressent un panorama de la problématique de la gouvernance économique
Malgré une intensification des projets de gouvernance économique durant ces deux dernières décennies, les résultats escomptés dans ce domaine laissent toujours à désirer. Inadaptés à la réalité socio-économique du pays, ces projets étaient voués à l’échec. C’est pour comprendre les vraies raisons des ces revers récurrents que certains cadres haïtiens ont produit un ouvrage pour permettre de cerner la problématique de la gouvernance économique d’Haïti.
Ces 15 dernières années ont été caractérisées par une avalanche de projets de gouvernance économique financés par des bailleurs internationaux et auxquels ont pris part différentes entités économiques du pays. Cependant, rares sont les rapports rédigés sur ces différentes activités qui permettent non seulement de faire le point sur les ressources financières injectées dans ce sous-secteur voire les impacts positifs de la mise en œuvre de ces projets sur la gouvernance économique.

Pour pallier ce problème, certains cadres haïtiens, ayant des spécialités diverses, ont mis leur compétence au service du pays afin de comprendre la problématique de la gouvernance économique d’Haïti. A travers cet ouvrage intitulé « Mémoire sur la gouvernance et la politique économique en Haïti » paru en 2012, Gary Olius, Frédéric Gérald Chéry, Marc Désir, Lys Faucher, Frantz Verella et Pierre Raymond Dumas «font revisiter les moments les plus palpitants de l’histoire économique, appréhender les vraies raisons des échecs récurrents, des actes manqués, des demi-réussites et des rares prouesses de certains régimes ».

Selon les auteurs de cet ouvrage, il est impossible de comprendre la problématique de la gouvernance économique en Haïti sans s’interroger sur les marges de manœuvre que détenaient les gouvernements haïtiens pour appliquer une politique économique typiquement nationale, sur la disponibilité des moyens de la mettre en œuvre, sur l’existence d’une institution nationale pérenne pour assurer sa continuité dans les prises de décisions au bénéfice de l’économie.

Indépendante depuis 1804, il a fallu attendre plus de 20 ans pour que la jeune nation accouche de ses premières reformes économiques s’inscrivant dans le cadre du paiement de la dette de l’indépendance. Cette situation a donné lieu aux réformes de 1826, 1874 et 1880. Ces dernières, loin de contribuer au progrès économique du pays, ont réduit considérablement les marges de manœuvre des autorités d’alors et placé le pays sous tutelle financière. Le pire allait venir avec les reformes de 1910, 1916 et de 1922 qui avaient renforcé l’emprise des américains et des français sur le pays. En effet, ces politiques économiques ne valaient pas grand-chose dans la mesure où elles ne répondaient pas vraiment aux besoins de la nation. Au contraire, de l’avis des auteurs, elles ne faisaient que de drainer vers nos bourreaux les maigres capitaux nécessaires au développement du pays.

Cette domination sous le règne d’Estimé, en 1947, allait prendre une nouvelle tournure malgré les timides actions entreprises par ce dernier pour libérer le pays de la tutelle financière des Etats-Unis et de la France. En effet, l’emprise bilatérale a été remplacée par une dépendance multilatérale, notamment avec la création des organismes multilatéraux tels que la Banque Mondial et le Fonds Monétaire International (FMI), non favorable à la mise en place d’un système national de gouvernance économique propice au développement du pays.

Les auteurs de cet ouvrage qui se veut la principale boussole de la gouvernance économique du pays, pensent que pour apporter des fruits durables, le concept de la gouvernance doit obéir à une logique de consolidation dans le temps, laquelle permettra de capitaliser les bénéfices d’un gouvernement à un autre. Elle doit être aussi, toujours selon les auteurs, le produit d’une réflexion nationale impliquant les meilleurs intellectuels du pays. De plus, les idées découlant de ces réflexions doivent nécessairement être accompagnées des réformes profondes dans divers niveaux de l’administration publique. Ces réformes, au nombre de douze, concernent principalement le secteur financier, le système des paiements qui est jusqu’à présent opposé aux objectifs de l’État, des réformes budgétaires, fiscales, monétaires entre autres.
Pierre Ricardo Placide
ppricardo1983@yahoo.fr
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Des idees pour L'action | 23/11/2012
L'Internationale est prete. Nous ne sommes pas. Il nous faut des reformes institutionelles pour etre a temps avec l'Internationale................Archange Deshommes, RECONSTRUCTION: A series of five year plans for development in Haiti........Facebook........Google...........Adeshommes@hotmail.com
 
 
 
 
 
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