102è Année - Un siècle d’information - www.lematinhaiti.com - Dernière mise à jour : 13/02/2014 14:53:09   23 Nov 2014-09h22
Manoeuvres électorales
Les négociations encore dans l’impasse
Les négociations autour de la formation d’un Conseil électoral continuent. Chaque partie joue son va tout. Le Sénat, longtemps identifié comme le principal agent de blocage se décharge. Le Grand-Corps propose un Conseil électoral de transition. Cette institution aurait pour charge de réaliser uniquement les prochaines élections. Cependant, les Pères conscrits n’ont pas explicité la procédure de formation dudit Conseil.
Les négociations autour de la formation d’un Conseil électoral continuent. Chaque partie joue son va tout. Le Sénat, longtemps identifié comme le principal agent de blocage se décharge. Le Grand-Corps propose un Conseil électoral de transition. Cette institution aurait pour charge de réaliser uniquement les prochaines élections. Cependant, les Pères conscrits n’ont pas explicité la procédure de formation dudit Conseil.

L’Exécutif paraissait pourtant apprécier cette proposition. Malgré ses insuffisances, elle traduisait une certaine volonté d’avancer vers une solution à cette crise inutile et pour le moins absurde qui hypothèque un peu plus l’avenir de la nation. Cependant, malgré la volonté affichée des uns et des autres, une contre proposition a quand même été formulée. Les trois mousquetaires (Martelly, Lambert et Latortue), qui représentent l’Exécutif dans ces pourparlers, optent pour un Collège de gestion transitoire du Conseil électoral permanent. « Appellation complexe et douteuse ».

Toutefois, avec cette proposition, le président de la République reconnaît qu’on ne peut, en respectant la Constitution, former le Conseil électoral permanent. Il faut maintenant, à en croire Camille Leblanc, ancien ministre de la justice, dégager une nouvelle formule vu que celle prescrit par la Constitution n’est applicable pour aucune autre entité à part le Conseil permanent. Les prochaines rencontres des émissaires de l’Exécutif et du Parlement devraient, selon l’homme de loi, porter sur les conditions de formation de l’organisme électoral.

Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), prend déjà ses distances. Les magistrats seraient contre une quelconque participation dans la formation d’un Conseil, autre que le permanent. En effet, le texte amendé de la Constitution de 1987, ne permet au CSPJ de choisir des représentants que dans le cadre d’un Conseil électoral permanent. La proposition du chef de l’État, qui prévoyait de maintenir dans le Collège de transition, les six conseillers électoraux déjà installés, seraient donc caduc dès le départ. Après le scandale du vote controversé des trois premiers représentants, cette position du CSPJ transpire la prudence.

Autre problème identifié, selon certains parlementaires et autres analystes, c’est la gestion d’une institution qui n’existe que sur papier. L’appellation de Collège de gestion transitoire du CEP serait impropre. En effet, les discussions en cours portent sur la formation d’un Conseil électoral dont la nature sera forcément différente du permanent. Par conséquent, cette proposition, a expliqué Sadrac Dieudonné, est « du dilatoire ». C’est une manœuvre qui ne vise qu’à faire passer le temps. C’est aussi l’avis de Simon Dieuseul Desras, qui estime que le pouvoir est très lent dans les négociations. « Trop de temps s’écoule entre deux rencontres de la commission de négociation ».Pourquoi ?

Le chef de l’État ne serait pas vraiment, dit-on, intéressé à organiser des élections dans le pays. Ou du moins, celles qui seront organisées, ne seront ni honnêtes ni démocratiques. Le contrôle de la majorité parlementaire, notamment au Sénat de la République, est primordial pour les différents protagonistes et représente l’objectif avoué de l’équipe Tèt Kale afin d’éviter les blocages. Suite à cette initiative qui a donné lieu aux négociations, les sénateurs placent désormais l’Exécutif face à l’opinion. Ces négociations deviennent un vrai jeu de poker-menteur et chaque partie y joue son va tout.

L’heure est donc venue de recadrer les débats et de libérer la nation de la cupidité des politiques. «C’est une mauvaise chose que le Président participe directement à la commission pour les négociations», soutient Simon Dieuseul Desras. « Il aurait pu décider ou attendre la fin pour se prononcer ». Le président de l’Assemblée nationale croit que le chef de l’État ne veut pas réaliser les élections. M. Martelly prévoirait, dit-il, de renvoyer le Parlement d’ici l’année prochaine.

Entre tractations et négociations, la tâche des commissionnaires s’annonce difficile. Déjà des voies discordantes s’élèvent au Sénat pour dénoncer la proposition faite par les représentants de l’Exécutif. Steven Benoit, Wesner Polycarpe et Moïse Jean Charles sont du lot des contestataires. Le sénateur de l’Ouest rejette d’un revers de main la proposition du pouvoir. « Michel Martelly nous prend tous pour des imbéciles», a pour sa part déclaré le sénateur Polycarpe. Avec cette proposition, le chef de l’État maintient, considère-t-il, l’existence d’un Conseil permanent qui sera tout simplement régenté par le Collège de gestion transitoire.

Les élections sont donc encore dans l’impasse. William Jeanty reste optimiste et entend analyser tous les actes des protagonistes afin de trouver un consensus. La négociation se base sur le principe de la concession. Aussi, trouver une solution favorable à la crise, est encore possible. L’honnêteté et l’esprit d’ouverture devraient, dit-on, guider les négociateurs. Les attitudes scélérates qui favorisent les crises et détériorent un peu plus chaque jour les conditions de vie de la population, sont frustrantes et révoltantes. Les hommes d’État doivent se mettre à la hauteur de la tâche qui leur a été confiée : gérer l’État.
Lionel Edouard

doulion29@yahoo.fr
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