102è Année - Un siècle d’information - www.lematinhaiti.com - Dernière mise à jour : 13/02/2014 14:53:09   22 Oct 2014-23h46
Manoeuvres électorales
Le Parlement face à son destin ?
La crise électorale dans laquelle s’est enlisé le pays depuis tantôt un an, a atteint aujourd’hui son paroxysme et les conséquences qui pourraient en découler seraient malheureuses pour le pays. « Organiser les élections pour prévenir le pire », tel est le souhait de plus d’un.
La crise électorale dans laquelle s’est enlisé le pays depuis tantôt un an, a atteint aujourd’hui son paroxysme et les conséquences qui pourraient en découler seraient malheureuses pour le pays. « Organiser les élections pour prévenir le pire », tel est le souhait de plus d’un.

Le pays vit au rythme de crises. Crise institutionnelle, crise politique et crise électorale sont devenues depuis quelque temps des éléments caractéristiques du panorama politique haïtien. À preuve, les élections devant renouveler le tiers du Sénat et les collectivités territoriales sont jusqu’ici dans l’impasse. Les négociations aussi. Dans cette perspective, beaucoup de citoyens expriment vivement leurs inquiétudes concernant cette crise qui sévit actuellement dans le pays.

De l’avis du politologue Gracien Jean, cette conjoncture qui prévaut aujourd’hui est caractérisée par une accentuation d’une crise de société depuis 1986, période de la transition démocratique. Jusqu’ici, explique le politologue, on n’arrive pas encore à établir toutes les institutions prévues par la Constitution dans le but d’institutionnaliser véritablement le régime démocratique dans le pays avec le fonctionnement normal des partis politiques, la garantie des libertés individuelles et la réalisation des élections de façon régulière.

Cette situation, reconnait Gracien Jean, nous met dans une impasse par rapport à la mise en place du conseil devant administrer le Conseil électoral. Une situation qui, de l’avis de Gracien Jean, est inhérente aux acteurs politiques par conséquent aux enjeux politiques, aux intérêts économiques mais aussi en termes de contrôle d’espace politique. Ainsi, se basant sur ce jeu d’intérêt, Gracien Jean croit bien comprendre cette impasse.

L’impasse est dépassable

Se fondant sur la Constitution amendée, le politologue pense que l’impasse dans laquelle se trouvent coincées les négociations autour de la mise en place du Conseil électoral, est surmontable dans la mesure où, explique-t-il, les institutions devant participer à la mise en place du Conseil électoral existent bel et bien et sont fonctionnelles. En ce sens, il dit féliciter les pouvoirs exécutif et judiciaire qui ont déjà désigné leurs représentants au sein du Conseil.

Dans la même veine, il a abordé le dossier du Parlement en réfutant la thèse faisant croire que le Sénat est dans l’impossibilité matérielle. Pour Gracien Jean, cette thèse ne tient pas en se rapportant à la Constitution qui prévoit à l’initial que le Sénat est composé de 30 membres, mais qui admet aussi que son renouvellement se fait par tiers. Donc, de l’avis de Monsieur Jean, la composition du Sénat varie entre 20 et 30 sénateurs et les Pères conscrits devraient compter sur les membres présents pour plancher sur n’importe quelle décision. Ainsi, affirme-t-il, que le Sénat aurait été la dernière institution à se prononcer en faveur d’un Conseil électoral provisoire ou toute autre proposition qui va à l’encontre de la Loi mère. Dans cette optique, il dit apprécier cette nouvelle voie empruntée par les sénateurs qui adoptent la logique de la proposition de l’Exécutif qui est très proche de la norme constitutionnelle.

Les conséquences possibles…

L’organisation ou la non-organisation des élections a toujours des conséquences. Pour Gracien Jean, les élections qui tardent encore à se tenir ont de graves conséquences sur le pays. Car, dit-il, cette crise électorale renforce le dysfonctionnement des institutions, la « dysgouvernance » du pays. C’est la preuve que l’autorité de l’État s’étiole. Et l’État de droit, fondement de toutes les vraies démocraties, est remis en question alors que le Président en a fait l’une de ses priorités. D’après Gracien Jean, ce dépérissement accéléré de l’État, qui se confirme à travers cette crise, risque d’atrophier l’État-nation, renforcer la domination des puissances occidentales à travers la mission de l’ONU en Haïti et pourrait éventuellement tomber sous le coup d’un protectorat. Parallèlement Gracien Jean pense que la tenue des élections peut projeter une autre image du pays à l’extérieur et mettre les investisseurs en confiance à venir s’établir dans le pays.

Entre-temps les tergiversations continuent. En cas de persistance de la crise, croit le professeur Gracien, le Sénat pourrait sous peu devenir dysfonctionnel et un peu plus tard la Chambre des députés. Donc, si rien n’est fait il est fort possible d’assister à la caducité du Parlement. En ce sens, d’aucuns pensent que le destin du pouvoir législatif est tenu par un fil.
Noclès Débréus
Commentaires des lecteurs
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Des idees pour L'action | 23/11/2012
Le parlement reste et demeure le pouvoir le plus important pour le pays. Il faut des amendements constitutionels pour avancer vers le progres et succes..............Archange Deshommes, RECONSTRUCTION: A series of five year plans for development in Haiti...........Facebook.........Adeshommes@hotmail.com...........Gooogle
 
 
 
 
 
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