102è Année - Un siècle d’information - www.lematinhaiti.com - Dernière mise à jour : 13/02/2014 14:53:09   29 Aug 2014-16h21
Haïti/Politique
Une brèche transitoire dans du permanent
Un petit pas mais fragile a été franchi dans la crise du CEP. Après une première journée de travail, l’Exécutif a proposé la formation d’un Collège de Gestion transitoire du Conseil électoral permanent. Sous les auspices de Religions pour la Paix, la rencontre a lieu au Palais national mercredi dernier. Les commissaires du Parlement en ont pris acte. Le président Martelly s’est auto-désigné dans les négociations sur la crise du CEP.
Youri Latortue et Joseph Lambert, deux conseillers spéciaux, complètent la commission présidentielle. Une auto-désignation conforme à la méthode Tèt Kale. Les protagonistes ont eu leur première séance de discussion formelle en milieu de semaine. Du côté du Parlement, on comptait les Sénateurs Lucas Saint-Vil et Jean William Jeanty, les Députés Guerda Benjamin et Vickens Dérilus.

D’autres personnalités ont accompagné le président Martelly. Grégory Mayard-Paul, Pierre Antoine Louis, Emmanuel Ménard et Jean Rodolphe Joazile, ministre de la défense. L’implication directe du président dans les négociations, confirme qu’il ne veut pas de fusible. Il n’y a aura pas d’échappatoire ni de bouc émissaire à un éventuel échec des pourparlers. Martelly devra l’assumer lui-même comme acteur prépondérant. Ses autres conseillers ne sont que des figurants.


La position Martelly

Au cours des discussions, les représentants du Parlement ont proposé de former un Conseil électoral transitoire pour organiser les prochaines élections. Proposition rejetée par l’exécutif. Les dés sont encore pipés par l’équipe Martelly. Se réfugiant derrière la Constitution pour ne pas intervenir dans l’affaire du CEP de six membres. Ces « juges électoraux » contestés ont déjà assermenté et ont été installés dans leur fonction, prétexte-t-on.

L’argument de la présidence n’a donc pas évolué. Mais elle opte pour une « solution médiane ». « La formation d’un Collège de Gestion transitoire du Conseil électoral permanent ». Une structure de consensus pour assister une institution permanente... Ce CGT /CEP devra être approuvé par le gouvernement et le pouvoir législatif. Neuf personnalités y feront partie à titre provisoire. Leur mandat sera d’organiser uniquement les prochaines élections. Après l’introduction de cette nouvelle proposition, la présidence a invité le parlement à désigner ses trois représentants suivant sa propre procédure. Et pour les six autres membres ? Cette avancée est déjà consignée.

Ne jouant qu’en poker-menteur, la commission Martelly réclame que les six conseillers contestés du CEP de Josué Pierre-Louis siègent au sein de ce Collège de Gestion transitoire. Le mandat de ces neuf membres du CGT /CEP prendra fin à la publication des résultats des élections. Ensuite, les six membres déjà en poste reprendront leur place au sein du Conseil électoral permanent. Reviendra alors au Pouvoir législatif complet de désigner les trois membres manquants actuellement à l’institution. Du neuf avec du contesté…


Un sceptique

Quel attachement ! Le président de la République cherche à légitimer un CEP décrié depuis sa genèse. Rien n’est dit sur l’identité des personnalités devant représenter le CSPJ par exemple. Le procès verbal des discussions lu par le pasteur Clément Joseph ne le précise pas. Pourtant c’est aussi un des tours du nœud gordien de la crise. Les trois premiers représentants contestés du pouvoir judiciaire sont encore en poste. Ils ne veulent aucunement plier bagage en dépit de leur illégitimité. Trois autres représentants choisis conformément, attendent sur la ligne de touche. Le procès verbal de cette nouvelle décision a été acheminé au Palais national. C’est le mort sur ce dossier.

Le député de Verrettes, l’un des délégués du Parlement à cette discussion, apprécie la question à sa manière. « C’est une proposition globale qui touche aussi l’identité des membres du CEP », croit comprendre Vickens Dérilus au cours d’un entretien accordé au Matin. Pour lui, certaines avancées ont été faites au cours de cette rencontre. L’Exécutif a admis qu’il faut des élections et d’autre part qu’il ne peut pas avoir pour l’heure de Conseil électoral permanent. Le parlementaire refuse donc de voir dans la démarche de la présidence une stratégie pour légitimer son CEP contesté.

« Nous devons attendre l’évolution des négociations pour savoir s’il y avait une volonté manifeste de duperie », temporise Dérilus. La délégation parlementaire doit rendre compte à ses collègues au moment opportun. Aucune date n’est encore fixée. Beaucoup de parlementaires sont en voyage à l’étranger notamment le président du Sénat, Simon Dieuseul Desras. Pas certain que la proposition de Martelly trouvera un bon accueil au Palais législatif. Même si Vickens Dérilus est sceptique, il souhaite une issue rapide à cette crise qui a trop duré.

La même méthodologie sera suivie par l’Exécutif. Le chef de l’État annonce déjà son veto. Donc les autres membres de ce pouvoir n’auront rien à dire. La proposition présidentielle est définitive. Ce Collège de Gestion transitoire aux six membres du Conseil électoral permanent rime à la proposition de CEP permanent conjoncturel. C’est du pareil au même. En d’autre lieu et en d’autre temps, Joseph Lambert rejetterait cette formule macabre. Il la qualifierait « de pipi de chat venant d’un éléphant s’agitant dans un magasin de porcelaine ». Pas étonnant aujourd’hui, de l’autre côté de la rive, qu’il en soit le père. L’International a toujours soutenu la formation du Conseil électoral permanent. Elle se fichait de l’impossibilité matérielle du parlement à désigner ses membres. Depuis, un nouvel élément a été ajouté à la crise, le dossier de la Cour de Cassation. Toutes ses questions n’ont pas été débattues. Parfois, la commission Martelly a éludé ces sujets. Pourtant la crise est un ensemble caractérisé par la méfiance des uns, des actes d’imposture et le jusqu’au-boutisme des autres.

L’organisme Religions Pour la Paix Haïti, appelé comme facilitateur, génère lui-même des dissensions. Le secteur vaudou avait crié à l’exclusion la semaine dernière. Donc, toute tentative de recherche de solutions à la crise, débouche sur une nouvelle crise. Nos actions se caractérisent par une espèce de mal radical (Kant) qui nous empêche de transcender les clivages pour demeurer entiers.
Eddy-Jackson Alexis
alexis2ajh@yahoo.fr
Commentaires des lecteurs
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esther | 16/11/2012
jeu de mot SANS ESPRIT QUI NE TROMPE PERSONNE;l'exécutif cherche par tous les moyens a traîner le parlement dans sa cour pour qu'il cautionne ses magouilles;peine perdue CAR IL MANQUE DE SUBTILITÉ et sa façon de faire ÉNERVE ROYALEMENT;de toute manière des dossiers plus urgents ont pris le dessus:justice pour la maltraitance faite aux universitaires se sa nap règle
 
 
 
 
 
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