102è Année - Un siècle d’information - www.lematinhaiti.com - Dernière mise à jour : 13/02/2014 14:53:09   23 Apr 2014-23h17
Haïti/coopération
Haïti : pays hôte du G7+
Cette semaine, Haïti a eu l’honneur d’accueillir la deuxième retraite ministérielle du Groupe « G7+ ». Tenue à Port-au-Prince les 13 et 14 novembre 2012, cette retraite a réuni plus d’une cinquantaine de personnes venant de 17 pays membres.
Kay Rala Xanana Gusmao, Premier minstre du Tmor Oriental
et Laurent Lamothe, le Premier ministre haïtien
(photo J. J. Augustin).
Cette semaine, Haïti a eu l’honneur d’accueillir la deuxième retraite ministérielle du Groupe « G7+ ». Tenue à Port-au-Prince les 13 et 14 novembre 2012, cette retraite a réuni plus d’une cinquantaine de personnes venant de 17 pays membres. De nos jours les pays ayant les mêmes traits caractéristiques manifestent leur volonté de se mettre en groupe. Qui se ressemble, s’assemble, dit-on toujours. G8, G20 et aujourd’hui G7+. Ce dernier, formé de pays en voie de développement, est créé dans l’optique de contrebalancer les rapports avec l’occident. C’est aussi une tribune où les pays fragiles, affectés par des conflits peuvent partager leurs expériences et promouvoir des mécanismes de planification qui leur sont propres en évitant les solutions importées.

Au terme de cette retraite, les membres ont adopté une déclaration dite « déclaration d’Haïti » dans laquelle, ils disent mettre l’accent sur la souveraineté nationale des membres du G7+ ainsi que sur le principe de transition appartenant au pays de se diriger vers la résilience et le développement national. Ces pays, à travers une nouvelle politique appelée « new deal », ont défini une nouvelle approche par rapport à l’engagement des partenaires internationaux. Cette politique se base sur cinq grands objectifs visant la consolidation et le renforcement de l’État. Il s’agit de la mise en place d’une politique inclusive, la justice, la sécurité, jeter les bases économiques, revenu et services. Pour le Premier ministre du Timor oriental, Monsieur Kay Rala Xanana Gusmao, le new deal est un projet majeur qui donne aux pays fragiles et affectés par un conflit «un nouvel espoir d’atteindre les objectifs du millénaire pour le développement (OMD)». Car, dit-il, ce projet tient compte des besoins et des défis uniques de chaque pays et privilégie une stratégie maitrisée et dirigée par les pays mêmes.


G7+ : quelles retombées pour Haïti ?

La ministre haïtienne de l’économie et des finances, Madame Marie Carmelle Jean Marie, au terme de cette retraite dit éprouver un sentiment de solidarité et de renforcement. « L’union des faiblesses fait la force », a-t-elle déclaré en se basant sur les problèmes auxquels sont confrontés les pays membres du G7+ qui, précise-t-elle, sont similaires malgré les différences de cultures, de langues, de coutumes… ainsi que la distance géographique. De l’avis de madame Jean Marie, ces États sont souvent victimes de l’arbitraire des bailleurs de fonds internationaux et les grandes firmes internationales qui ne cessent d’exploiter les ressources des pays pauvres. Ainsi, croit-elle, qu’avec ce faisceau, il est plus facile de faire entendre leur voix.

Dans la même lignée, la ministre des Finances dit constater que tous les pays du G7+ n’auront pas atteint les objectifs du millénaire tel que souhaité par l’Onu d’ici à 2015. Lesquels objectifs concernent les domaines cibles se rapportant à la réduction de la pauvreté, l’éducation, l’égalité des sexes, la santé infantile et maternelle, la stabilité de l’environnement, la réduction du VIH/Sida et un « partenariat mondial pour le développement ».

De l’avis du grand Argentier de la République d’Haïti, les indicateurs utilisés pour évaluer les objectifs n’ont pas tenu compte des spécificités de ces pays. En ce sens, indique la ministre des Finances, les pays du G7+ se projettent de travailler en vue d’identifier d’autres indicateurs leur permettant d’évaluer leurs propres objectifs. Marie Carmelle Jean-Marie pense qu’Haïti peut tirer son épingle du jeu.

Pour elle, la participation du pays au G7+ pourrait se révéler plus bénéfique contrairement à d’autres organisations régionales. « Haïti est membre de la Caricom et de la Banque interaméricaine de développement (BID), les autres pays membres sont plus avancés que nous et n’ont pas les mêmes besoins qu’Haïti. Souvent nous faisons cavalier seul. Mais, avec G7+ qui regroupe des pays avec des besoins communs, il est plus facile pour Haïti de faire entendre sa voix devant les hautes instances », a fait savoir la ministre. Elle entend utiliser ce Groupe pour faire un plaidoyer visant à promouvoir la culture haïtienne, l’histoire du pays et autres.

Le Premier ministre haïtien, Laurent Salvador Lamothe, pour sa part, a fait montre de sa volonté manifeste pour qu’Haïti puisse jouer un rôle important au sein du G7+. Dans cette perspective, dit-il, très bientôt Haïti développera des rapports diplomatiques avec un pays comme Timor Oriental dont la ministre des finances, madame Emilia Pires, assure la présidence du groupe. Ce pays, explique monsieur Lamothe, dispose de faibles moyens mais a apporté une contribution d’un million de dollar américain à Haïti après le passage de l’ouragan Sandy. Déjà, au lendemain du tremblement de terre du 12 janvier 2010, il avait déposé 500 mille dollars au fonds pour la reconstruction d’Haïti.

Le G7+ est composé de 17 pays : l’Afghanistan, le Burundi, le Tchad, la République Centrafricaine, la Côte-D’ivoire, le Guinée Bissau, la République Démocratique du Congo, la Guinée, les îles Salomon, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la Somalie, la Sierra-Léone, le Libéria, le Soudan, le Timor-Leste, le Togo et Haïti. Au terme de la retraite, les membres ont accepté les Iles des Comores comme le 18ème membre.
Noclès Débréus
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