102è Année - Un siècle d’information - www.lematinhaiti.com - Dernière mise à jour : 13/02/2014 14:53:09   18 Sep 2014-21h45
Claude Augustin : Si loin pourtant si proche de Cayes-Jacmel !
S’il y a quelque chose dont il rêve éperdument, c’est de retourner vivre à Cayes-Jacmel, commune qui l’a vu naître. Dans la réjouissance de la ville lumière, Paris, il n’arrête pas de penser au sort des membres de cette communauté privée de toute infrastructure de base.
M. Claude Augustin
S’il y a quelque chose dont il rêve éperdument, c’est de retourner vivre à Cayes-Jacmel, commune qui l’a vu naître. Dans la réjouissance de la ville lumière, Paris, il n’arrête pas de penser au sort des membres de cette communauté privée de toute infrastructure de base. Mais il est conscient qu’il y a une frontière entre se plaindre et agir. Il choisit d’adopter l’action comme boussole. Agir pour le bien des Cayes- Jacméliens, voilà son crédo.

A travers l’organisation « Nouvelle Vision pour une solidarité haïtienne » qu’il préside à Paris, il entreprend de nombreuses activités au bénéfice de ses compatriotes dans le département du Sud-Est. La mise en place d’une école communautaire et d’un dispensaire à travers lequel des soins sont prodigués et des médicaments distribués, font partie de ses principales initiatives. « Autrefois, on donnait gratuitement les médicaments, depuis quelques temps on exige une participation de 100 gourdes pour la consultation et les médicaments nécessaires. On adopte cette formule pour apprendre aux gens à participer à la vie de leur communauté et à celle du dispensaire », explique Claude Augustin, 38 ans, marié et père d’une fillette de 7ans et d’un garçon de 4 ans. « Chaque jour, le dispensaire reçoit entre 25 à 35 personnes en consultation. Et quand il y a de grandes activités de consultation à la quinzaine avec le Dr Joseph Pierre Jacques, le nombre de patients avoisine la soixantaine », informe l’ancien journaliste de la chaine de télévision, Télémax.

Poser un acte pour contribuer à garder les habitants de Cayes-Jacmel en bonne santé est pour lui, une des choses les plus louables qu’il ait pu réaliser dans sa quête pour l’amélioration des conditions de vie des habitants de cette région du pays : « La santé c’est la meilleure chose qu’on puisse avoir dans la vie. Toute action visant à la préserver, à la maintenir en bon état ou à éviter sa défaillance totale, améliore toujours la vie d’une communauté ».

Claude Augustin fait de la santé et de l’éducation, sa priorité. Actuellement, il collecte des ouvrages pour fonder une bibliothèque digne de ce nom à Cayes-Jacmel afin de permettre aux jeunes l’accès aux livres. Il participe aussi à la vie sportive de la ville : « Je participe à la vie sportive de la commune également on donnant du matériel comme des ballons, équipements de protection pour les joueurs. La sélection de foot- ball des Cayes-Jacmel vient d’avoir un équipement neuf de qualité », informe-t-il, tout en encourageant les fils et filles de la commune à faire concrètement quelque chose, pour aider les gens à sortir de la misère : « Que vous soyez dans la ville ou ailleurs, ne dites pas que vous n’avez pas les moyens. Il suffit d’avoir la volonté. Qui veut, peut ! Essayons de nous tenir la main ensemble pour avancer positivement dans la bonne direction », conseille-t-il aux autres jeunes comme lui, qui ont eu la possibilité de vivre une vie meilleure.

S’il le fait, les autres le peuvent aussi, croit-il. Pour l’instant il fait presque tout avec ses propres moyens. Ses nombreuses démarches pour trouver des partenaires financiers restent jusqu'à présent sans succès. Toutefois, les personnes et institutions contactées, approuvent ses initiatives et promettent de l’accompagner. Quelques unes commencent déjà à se manifester : « J’ai une ONG française qui me promet du matériel médical et des médicaments mais à moi d’assurer le transport vers Haïti. J’ai aussi un grand ami d’Haïti qui s’appelle Lucido Frédéric qui habite dans le Nord de la France qui m’envoie de temps en temps des médicaments. Ce qui rend possible la prise en charge quasi gratuite de nombreux membres de la population de Cayes-Jacmel », raconte le journaliste, qui a laissé le pays en 2007 pour aller s’établir définitivement à Paris. Mais définitivement, ce n’est pas le mot qu’il préfère : « Définitivement, c’est fort. J’ai laissé le pays pour bien des raisons mais pas définitivement, je vous assure. Je tiens à mon pays plus que jamais » confie-t-il. « Quand on est en dehors du pays on vit beaucoup plus sa souffrance que n’importe quelle personne qui y vit. Je n’exagère pas, croyez moi. Ceci est valable pour des millions d’Haïtiens qui vivent un peu partout à travers le monde », confie le journaliste.

Depuis son arrivée en France, il ne pratique pas son métier, mais garde toujours au plus profond de lui les raisons qui l’ont porté à le pratiquer : « J’avais senti en moi un besoin de dénoncer les abus, servir la bonne cause comme on dit. J’ai trouvé que le métier de Journaliste conviendrait bien à ce que j’avais envie d’avoir comme moyen alors je m’y mettais ». A entendre Claude Augustin, on pourrait bien se demander si sa volonté de changer les choses ne vient pas de son désir de dénoncer les abus dans la société haïtienne ?

Si le déroulement de sa vie, avec actuellement une étude de droit à Paris 8, laisserait croire qu’il a mis de coté toute envie de poursuivre sa carrière de journaliste, il enlève toute confusion : « Je n’ai pas laissé tomber le métier de journaliste. J’attends de l’exercer autrement et ce sera chez moi à Cayes-Jacmel où J’ai fait mes études primaires et secondaires avant de me rendre en ville (Jacmel) pour les classes de 3ème à la philo au Collège Saint Louis».

Son ambition pour Cayes-Jacmel est bien plus grande que ce qu’il y fait maintenant. Son admission à Paris 8 en section Sciences Juridiques, il y a trois ans de cela, est l’un des ses éléments stratégiques. « Je veux retourner chez moi, pour le faire, j’entreprends des études de droit. Ce qui me permettra d’envisager un vrai retour et de continuer à me dédier pour une véritable bataille pour le changement », promet l’enfant de Cayes-Jacmel égaré sur le sol français.
Patrick Réma
Leredacteur509@gmail.com
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