102è Année - Un siècle d’information - www.lematinhaiti.com - Dernière mise à jour : 13/02/2014 14:53:09   31 Oct 2014-07h15
Le grand boom économique de l’Afrique
PARIS – L’Afrique vit actuellement une période de croissance économique sans précédent. D’après The Economist, six des dix pays ayant connu la plus forte croissance en 2011 se situent sur le continent africain. La moyenne de la dette extérieure de l’
PARIS – L’Afrique vit actuellement une période de croissance économique sans précédent. D’après The Economist, six des dix pays ayant connu la plus forte croissance en 2011 se situent sur le continent africain. La moyenne de la dette extérieure de l’Afrique est passée de 63% du PIB en 2000 à 22,2% cette année, l’inflation moyenne s’élevant aujourd’hui à 8%, contre 15% en 2000. Cette tendance positive devrait se poursuivre, dans la mesure où elle repose sur des facteurs structurels, géographiques et démographiques, tels que l’augmentation des exportations, l’amélioration des conditions commerciales, ou encore une consommation intérieure en constante croissance.

Les gouvernements nationaux africains se heurtent néanmoins encore à des défis considérables, compte tenu de la grande variété des facteurs en jeu dans chaque État. Les caractéristiques économiques varient de manière significative d’un pays à l’autre, en fonction par exemple de l’existence de politiques en faveur d’un change fixe ou d’un change flottant, ou encore des ressources naturelles contrôlées par le pays.

En conséquence, les perspectives diffèrent également selon les pays. Bien qu’il soit prévu, pour l’ensemble du continent, que le taux annuel moyen de croissance du PIB environne les 6% en 2012, l’économie de l’Afrique du Sud devrait connaître une croissance de seulement 3,6%, contre des prévisions à 8,5% pour la Côte d’Ivoire. Afin de façonner la politique économique nationale de manière efficace, il appartient aux dirigeants d’identifier les moteurs – et les obstacles – de la croissance dans chaque pays.

Le potentiel de croissance de l’Afrique suscite l’intérêt des investisseurs étrangers, qui ont contribué à une augmentation rapide des dépenses en capital. En 2008-2011, l’Afrique sub-saharienne a bénéficié en moyenne de 4,4% de la totalité des fonds investis dans les pays en voie de développement à travers le monde, ainsi que de 3,1% des dépenses d’investissement. En fait, l’investissement direct étranger vers l’Afrique est en hausse depuis le début des années 2000, ayant été multiplié par cinq entre 2000 et 2010. Les investisseurs étrangers demeurent pour autant conscients des challenges auxquels font face certains États. La majeure partie de la Corne de l’Afrique (en particulier la Somalie), le Mali et la Guinée-Bissau présentent par exemple un risque politique non négligeable.

Néanmoins, de nombreux indicateurs économiques suggèrent une tendance durable de cet essor, et nous encouragent à estimer que les conditions nécessaires à un changement de l’image de l’Afrique ainsi que de son positionnement international en matière de commerce sont finalement en place. En 2011, 67% des investisseurs potentiels interrogés ont déclaré qu’ils considéraient l’Afrique comme un continent attractif, la moitié d’entre eux prévoyant d’investir en Afrique sub-saharienne avant 2013. De même, de plus en plus de grandes entreprises placent l’Afrique parmi leurs principaux objectifs stratégiques dans la perspective d’un développement d’activité.

La croissance des petites et moyennes entreprises est vouée à constituer un facteur clé face aux risques associés à une expansion économique rapide. En réalité, les PME jouent d’ores et déjà un rôle crucial dans les économies africaines, à travers leur implication dans tous les secteurs des économies rurale et urbaine.

Les PME sont ouvertes à l’innovation, au transfert de technologie, et à l’industrialisation. Elles sont idéalement positionnées pour susciter un impact local, compte tenu de leur volonté d’adopter des pratiques environnementales et des pratiques de gouvernance positives, ainsi que de leur capacité à améliorer les conditions de vie en créant des emplois permanents.

Les PME africaines ouvrent également la voie à une croissance dynamique, durable et équitable. Elles ont démontré une réelle capacité à résister aux effets de la crise, fortes de la souplesse de leur assise financière et d’une implication limitée dans le système financier international.

Et pourtant, en dépit de leur potentiel, les PME africaines sont soumises à de fortes pressions internes et externes, parmi lesquelles la faiblesse de l’infrastructure, le coût élevé du travail, une gouvernance défectueuse, et la pénurie de travailleurs qualifiés. Mais elles manquent par-dessus tout d’un accès aux financements à long terme.

Les grandes entreprises sont en mesure d’obtenir un financement de la part de banques et autres prêteurs institutionnels. Les petites et moyennes entreprises peuvent quant à elles bénéficier d’une aide de financement de la part des institutions de micro-finance. En revanche, les besoins de moyennes entreprises en croissance ne peuvent être satisfaits par les institutions de micro-finance. Les entreprises de taille moyenne constituent ainsi le chaînon manquant – souvent qualifié de « missing middle » – dans de nombreuses économies africaines.

En effet, les PME africaines sont bien souvent dans l’incapacité d’obtenir un financement à long terme. Les coûts d’information et de transactions élevés contribuent à alimenter la perception selon laquelle investir dans les PME serait compliqué et onéreux.

Souvent jeunes et sous-capitalisées, ces petites entreprises apparaissent comme présentant plus de risque parce qu’elles évoluent généralement sur des marchés faiblement régulés et caractérisés par un environnement politique et économique incertain. C’est notamment la raison pour laquelle les investissements dans les PME mettent autant de temps – si ce n’est plus de temps – à engendrer un retour de profit que les investissements moins risqués et d’ampleur plus large.

Toutefois, ces dernières années, de nombreux gouvernements africains se sont efforcés de réduire les obstacles administratifs et juridiques pour les PME. Entre 2000 et 2010, la durée moyenne nécessaire pour enregistrer des droits de propriété a été réduite de 120 à 65 jours. Le délai requis pour l’obtention d’une licence d’exportation est passé d’une moyenne de 230 jours en 2005 à 212 en 2010. Enfin, au cours de la même période, le délai nécessaire à l’entrée en exécution d’un contrat a été réduit de près d’un mois.

Les gouvernements africains savent combien les PME contribuent à créer de nouvelles filières de production pour les marchés nationaux, générant ainsi une valeur ajoutée significative. Le développement du marché domestique encourage la diversification de l’économie nationale, réduisant la dépendance à l’égard d’exportations de ressources naturelles et, en retour, l’exposition aux fluctuations des prix mondiaux. Tout ceci diminue significativement la vulnérabilité des économies aux chocs extérieurs.

Le progrès des pays africains en matière de développement domestique s’est accompagné d’une accélération de l’intégration régionale. Plutôt que de se contenter de voir l’Europe et l’Amérique du Nord continuer de dominer le développement de leur économie, les pays d’Afrique sub-saharienne travaillent de plus en plus à établir des partenariats auprès de leurs voisins.

Ainsi, près de 15% des échanges en Afrique sub-saharienne s’effectuent aujourd’hui de manière intra-régionale, contre seulement 7% en 1990. En 2010, l’Afrique du Sud a représenté à elle seule 4% des importations sub-sahariennes, et 6% des exportations. Ceci reflète, de manière tout à fait notable, l’émergence de nouveaux flux d’échanges, et pas simplement une réorientation des flux existants.

Le passage de l’Afrique à l’intégration régionale encourage la compétitivité en distribuant de manière plus efficace les facteurs de production – tels que les intrants et les équipements – ainsi qu’en permettant une meilleure mobilité du travail. Il reste pour autant un long chemin à parcourir en la matière.

Il est nécessaire que les gouvernements africains se livrent, avec une détermination plus forte que jamais, à une libéralisation des échanges intra-régionaux, à une intégration institutionnelle, et à un développement des infrastructures. Et leurs entreprises commerciales de progresser dans ces domaines afin de se développer davantage et d’améliorer le niveau de vie de tous.

Traduit de l’anglais par Martin Morel

Jean-Michel Severino, ancien directeur de l’Agence française du développement (AFD), est PDG d’I&P Conseil. Emilie Debled est directrice de la communication chez I&P Conseil.
Jean-Michel Severino et Emilie Debled
Commentaires des lecteurs
Entrez votre mot de passe pour pouvoir commenter. Login | Enregistez-vous !
Add comments
 
 
 
Des idees pour L'action | 22/10/2012
Tout le monde parle de l'Afrique. Il parle du progres economique dans le continent africain. C'est du bonne nouvelle. j'espere ecrire un livre sur l'afrique titire: RECONSTRUCTION: A series of five year plans for development in Africa...........Archange Deshommes, RECONSTRUCTION: A series of five year plans for development in Haiti.
 
Des idees pour L'action | 22/10/2012
Dans ce livre, je proposerai un regime parlementaire de gouvernement avec des plans de cinq ans, representation proportionelle, re-organisation des partis politiques et conseil electorals et bon gouvernance regional. Ce livre sera similaire avec Reconstruction pour Haiti.........RECONSTRUCTION: A series of five year plans for development in Haiti....Google.
 
Pierre | 10/12/2012
http://scoutsharmherbal.com/products/men_s_health/viagrasuperactive/order/ Viagra Super Active
 
Pierre | 12/01/2013
http://eupy.ru/products/antibiotics/zithromax/order/ zithromax dosage zithromax side effects zithromax 250mg zithromax and alcohol
 
Pierre | 12/01/2013
http://twey.ru/products/antibiotics/zithromax/order/ zithromax dosage zithromax side effects zithromax 250mg zithromax and alcohol
 
Pierre | 12/01/2013
http://eupy.ru/products/women_s_health/femalepinkviagra/order/ buy female pink viagra without prescription female pink viagra side effects female pink viagra 100mg pills
 
Pierre | 12/01/2013
http://twey.ru/products/women_s_health/femalepinkviagra/order/ buy female pink viagra without prescription female pink viagra side effects female pink viagra 100mg pills
 
Pierre | 12/01/2013
http://eupy.ru/products/anti_depressants/prozac/order/ prozac glaucoma amoxapine and prozac prozac 50 mg dose prozac debate the american psychiatric association
 
Pierre | 12/01/2013
http://twey.ru/products/anti_depressants/prozac/order/ prozac glaucoma amoxapine and prozac prozac 50 mg dose prozac debate the american psychiatric association
 
Pierre | 12/01/2013
http://eupy.ru/products/mental_health_epilepsy/seroquel/order/ seroquel xr seroquel for sleep seroquel dosage seroquel overdose seroquel weight gain seroquel 25mg
 
 
 
 
 
Recherche

Lematin  Google 
Video
 
Dernière Edition
 
Le matin hebdo