102è Année - Un siècle d’information - www.lematinhaiti.com - Dernière mise à jour : 13/02/2014 14:53:09   28 Nov 2014-17h33
Éditorial
Exit !
Quand, sur l’échiquier international, la Brasserie nationale d’Haïti tient haut l’honneur du pays avec notre bière « Prestige », nos brasseurs de politicaillerie, au Parlement, font le déshonneur de la République en tirant vers le bas son prestige.
Quand, sur l’échiquier international, la Brasserie nationale d’Haïti tient haut l’honneur du pays avec notre bière « Prestige », nos brasseurs de politicaillerie, au Parlement, font le déshonneur de la République en tirant vers le bas son prestige. La décence mise en bière. Au-delà de la ratification méritée d’un jeune loup de la politique haïtienne comme Premier ministre – Laurent Lamothe s’est investi dans le processus corps, âme et poche aussi, peut-être – il s’agit d’un glissement de la démocratie représentative vers l’autoritarisme. La tendance est lourde et les démocrates doivent commencer à sérieusement s’inquiéter. Le Parlement haïtien est devenu le lieu où prennent forme, désormais, les assauts contre la démocratie. Si les sénateurs Simon Dieuseul Desras et Maxime Roumer ont déçu, c’est parce que beaucoup avaient cru voir en eux, pendant longtemps, des agents promoteurs de l’Haïti nouvelle et des remparts contre cette dérive du Parlement.

La 49e législature a mis la Constitution en veilleuse. Les vices politiciens ont délogé le droit. Nous ne savons plus quelle règle et quel principe président aux votes de nos sénateurs et députés. Le Sénat, avec son président actuel, M. Desras, a même mis au rancart ses propres règlements internes pour imposer l’arbitraire au pays. Les coups de force contre les lois de la République ne nous viennent plus du canon des fusils de nos soldats et officiers militaires, mais des sièges de nos élus parlementaires. Un déplacement de l’axe autoritaire qui brouille les pistes de l’observation critique et qui a pour effet de perturber durablement le processus d’institutionnalisation démocratique. Les citoyens sont comme désorientés. Aucun recours apparent et immédiat pour renverser la tendance, réparer les dommages et recentrer la transition démocratique. Rares sont ceux qui avaient vu venir cette corruption précoce de la démocratie représentative dans la période post-Duvalier. Le projet démocratique incorporait, implicitement d’abord et explicitement ensuite, une entité parlementaire et législative comme lieu de délibération et de légitimation des grandes orientations de l’Haïti libérée des exclusivismes dictatoriaux. C’est une conquête. Mais… paradoxe ! Notre Parlement, codépositaire de la souveraineté populaire et gardien de l’ordre constitutionnel, en vient à fonctionner, dangereusement et au grand dam des démocrates, comme un poison dans l’organisme d’une République aux veines ouvertes.

La menace parlementaire s’accompagne de l’insignifiance de plus en plus marquée de nos proto-partis dans le jeu politique. Leurs voix sont inaudibles. Ils n’ont aucune prise sur leurs élus au Parlement. Avec des partis et des parlementaires pareils, certains présidents et Premiers ministres semblent convaincus qu’ils peuvent se passer de toute forme de structure partisane permanente pour supporter leurs actions. Les allégeances sont mobiles et en recomposition constante. Les alliances ne durent que l’espace d’un vote négocié ou monnayé. Une vraie gageure que de croire qu’une correction démocratique et une refondation nous viendront demain de ces virtualités politiques.

Laurent Lamothe fait son entrée à la primature sur ses mérites d’entrepreneur politique efficace, sur ses capacités d’homme d’ouverture, et aussi sur les décombres d’un Parlement discrédité. Il donne l’impression du businessman agressif qui ne lésine pas trop sur les moyens lors d’une O. P. A. sur une entreprise convoitée. Si l’ambition frénétique du pouvoir et le désir légitime de servir son pays au plus haut sommet peuvent obstruer un instant le jugement, le jour viendra où la petite voix intérieure de M. Lamothe lui dira que trop de feux rouges ont été brûlés, trop de lignes bousculées et trop de codes piétinés dans son cheminement à pas de course vers la primature. Dommage que le nouveau Premier ministre et ses alliés aient négligé de fonder leur pouvoir sur la légalité constitutionnelle.

Il est quand même soulageant que le gouvernement ait un visionnaire de l’envergure de Lamothe comme capitaine. Il manquait de pareilles énergies dynamisantes et revitalisantes dans l’appareil gouvernemental. C’est un profil d’homme à même d’impressionner par ses réalisations quand il est en situation de se faire valoir. Vu les conditions troublantes et douteuses dans lesquelles il a été catapulté Premier ministre par un Parlement indigne, le pays est en droit d’attendre beaucoup de lui. Il a pour devoir de délivrer vite pour faire oublier les ratés exorbitants de sa ratification.

Le Sénat – ce Sénat ! – est délivré de dix de ses membres. La loi leur a montré l’exit. Malgré eux. Certains ont servi tant bien que mal leur pays. Ceux-là méritent d’être reconduits s’ils aspirent à un nouveau mandat. Mais beaucoup de ces sénateurs laisseront derrière eux le souvenir d’élus qui ont plus le sens des intérêts de leur portefeuille et de leur patelin que de ceux de la République. Ils ont contribué à faire du Parlement, par leur veulerie, une institution fantoche et avilie. Ils seront loin d’être regrettés. Leur héritage relève de l’innommable. Rien ne dit que leur départ annonce une renaissance du Parlement et une réorientation plus éthique de son action. Leurs tentacules sont tellement nombreux. Ils ont des émules dans les deux Chambres. Cet exit sert au moins à nous rappeler que les mandats ont un terme. Peut-être que cette dérive parlementaire en a un aussi.

Daly Valet
Commentaires des lecteurs
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esther | 10/05/2012
mr lamothe est connu pour sa facon de ne respecter AUCUNE REGLE et de n'obeir qu'a ses pulsions de gain;ce que certains prennent pour des reussites ne sont en fait que des coups d'une personne sans foi ni loi qui croit que la fin justifie les moyens;HAITI est au plus bas en tout mais en aucun cas cette facon de faire ne peut celle de l'etat c'est scandaleux
 
jaimehaiti | 10/05/2012
@esther, tu m'as dit dans 1 commentaire que je raconte des charabias sur le probleme des esprits malveillants et detructeurs qui detruisent Haiti mais lis ceci: quelqu'un part en voyage et laisse sa maison fermee. il revient et trouve sa cuisine salle-a-manger sens dessus-dessous, tout mange ate, tout bagay tet anba et toutes les portes soont fermees. C du charabia ??
 
jaimehaiti | 10/05/2012
Haiti n'ira nulle part si nous ne changeaons pas nos coeurs. Nous pouvons hair Duvalier, Aristide, Preval, Martelly ce n'est pas la solution. Ils sont Haitiens comme nous et ils ont les defauts que nous avons en tant que peuple. Inutile de chercher 1 coupable, le coupable c'est nous tous haitiens et nos pratiques malveillantes.
 
jaimehaiti | 10/05/2012
Nous parlons comme si nous sommes des innocents, c pas moi, c l'autre. Combien de gens autour de nous detruisons par notre malveillance, notre envie, notre jalousie???
 
jaimehaiti | 10/05/2012
correction, combien de gens autour de nous detruisons-nous.
 
jaimehaiti | 10/05/2012
Le mal qui existe en Haiti et qui a la vie dure est la manifestation de la pourriture de nos coeurs et de notre mental. Essayons de changer, d'aimer le beau, le bien pour tous et Haiti changera.
 
Fouyapot | 10/05/2012
Daly,vs etes assez averti pour savoir qu'on ne pourrait croire tete baisee dans ds hommes qui ne pratiquent aucune ideologie.En Haiti,c'est le drame,nous avons une mauvaise habitude de croire en ds hommes qui parlent d'idees genereuses.Sat te gen tan gen la a,jusqu'a penser que ds djobeurs etaient des promoteurs de l'Haiti nouvelle.Ds ces conditions,nou fek kare decu.
 
Fouyapot | 10/05/2012
@jaimehaiti-C'est votre droit le plus entier de pratiquer votre religion,mais vous ne pourriez reduire les problemes du pays a'une question de foi ou de croyance.Comme moi,vous savez que JBAristide a ete un pretre de l'eglise catholique.Mais,toujours est-il cet homme et son frere marassa ont detruit le pays.Je voudrais bien avoir votre opinion la-dessus.
 
Fouyapot | 10/05/2012
On evolue de crise en crise,parce qu'il n'y a pas des elites dans le pays.Partout,il n'y a que des brasseurs d'affaire.Depuis l'appres 16 Dec 90,ttes les institutions sont devenues fantoches et avilies.J'ai l'impression d'entendre la voix du feu Sony Bastien qui denoncait les senateurs du riz,bois et planches.Ls parlementaires actuels sont de la meme lignee.Brasseurs.
 
jaimehaiti | 10/05/2012
@Fouyapot, je sais qu'Aristide a detruit Haiti et je ne parle pas de foi, de religion. Je parle du BIEN et d'AMOUR que nous ne voulons pas, on peut ne pas croire en Dieu et faire le bien. Le religieux JBAristide peut perdre la raison ou piquer 1 crise de folie mais nous n'avions pas besoin de le suivre. Pourquoi l'avons nous suivi sur le chemin du mal?
 
 
 
 
 
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