102è Année - Un siècle d’information - www.lematinhaiti.com - Dernière mise à jour : 13/02/2014 14:53:09   01 Sep 2014-21h49
Les missions de l’Onu entravent-elles le développement d’Haïti ?
L’organisation des Nations unies compte en Haïti plusieurs missions. Depuis 1993, elles travaillent, affirment-elles, au développement social, politique et économique du pays. Maintenir et garantir la stabilité et la paix et contribuer au développement du pays constituent leur priorité. Au regard de la situation sociale, politique et économique d’Haïti, quel est l’apport de ces missions au développement du pays ?
Dans le souci de resserrer les liens entre la communauté internationale et les autorités haïtiennes, l’Organisation des Nations unies a jugé nécessaire de renforcer ses structures, d’augmenter ses effectifs et de concentrer son énergie sur Haïti depuis le séisme de janvier 2010. Ses différentes missions disent vouloir contribuer au développement de la nation. C’est pourquoi elles ont étendu leurs actions dans tous les secteurs-clés de la vie nationale. Elles investissent l’espace politique, social et économique du pays. Coopérer constitue leur principal objectif. Pourtant, estiment certains observateurs, envisager le développement du pays avec la présence constante des missions de l’Onu reste encore un cauchemar dont le peuple haïtien a dû mal à se réveiller.

La présence de l’Onu en Haïti est devenue incontournable. Les autorités onusiennes deviennent les grands décideurs de la nation. Elles abordent avec aisance les grands projets de ce pays, gèrent l’aide apportée à Haïti comme bon leur semble, tout en s’impliquant profondément dans la politique interne du pays, sous prétexte de renforcer la démocratie. Une série d’interventions mesurées et calculées qui rendent sceptiques les esprits avisés.

Des missions pour stabiliser et développer ?

C’est au cours d’une période d’intense instabilité politique que l’Organisation des Nations unies a dépêché ses troupes en Haïti, en février 1993. Depuis, ses représentants sont présents au pays. Ils s’immiscent dans la politique interne et prétendent travailler pour le bien-être du peuple haïtien. Tout a commencé par la Mission civile internationale qui travaillait conjointement avec l’Organisation des États américains (OEA). En septembre 1993, le Conseil de sécurité a jugé bon d’établir une première mission de maintien de la paix dans le pays. Cependant, compte tenu du refus des autorités militaires haïtiennes à coopérer, le personnel onusien n’a pas pu se déployer complètement à l'époque et a dû se retirer plus tôt que prévu.

En juillet 1994, le Conseil de sécurité de l’Onu a donné son feu vert pour le déploiement d’une nouvelle force multinationale. Sa mission : faciliter le retour rapide des autorités légitimes haïtiennes, maintenir la sécurité et la stabilité dans le pays et promouvoir l’État de droit. Pour légitimer cette intervention, le Conseil a pris le soin de voter la résolution 940 pouvant lui donner mandat d’intervenir. De 1994 à 2001, l’Onu, à travers différentes dénominations : Mission des Nations unies en Haïti (Minuha), Mission d’appui des Nations unies en Haïti (Manuh), Mission de transition des Nations unies en Haïti (Mitnuh), Mission de police civile des Nations unies en Haïti (Miponuh), est présente en Haïti.

Selon les propos des responsables onusiens, des faits positifs ont été enregistrés : rétablissement d’un certain degré de démocratie, avec la première passation de pouvoir de manière pacifique entre deux présidents démocratiquement élus, développement d’une société civile multiforme et sa participation croissante à l’instauration d’une culture politique fondée sur des valeurs démocratiques, etc. Malgré tout, le pays a connu d’autres crises politiques, l’insécurité est devenue monnaie courante. En peu de mots, les réformes n’ont jamais abouti.

En février 2004, les conflits armés se sont intensifiés. La ville des Gonaïves a été le théâtre de violents affrontements. Les insurgés ont eu le contrôle du nord du pays. Les efforts diplomatiques peinent à aboutir. Le 29 février, le président Jean-Bertrand Aristide a quitté le pays. Boniface Alexandre, président de la Cour de cassation, a prêté serment et est devenu président par intérim. Dans la soirée, un représentant permanent d’Haïti auprès de l’Organisation des Nations unies a présenté la demande d’assistance du président intérimaire. Demande donnant droit aux contingents internationaux d’entrer en Haïti. Depuis, l’eternel discours pour le maintien de la paix et le développement du pays continue.

Ce développement n’est toujours pas visible. Les réformes en profondeur dans la structure étatique peinent à être effectives. Deux ans après la catastrophe de janvier 2010, la situation sociale, politique et économique du peuple haïtien a empiré. Alors que l’aide internationale apportée à Haïti était massive. Des fonds ont été débloqués pour la reconstruction du pays. Deux ans après le drame, on ne voit toujours rien venir.

Le peuple haïtien pourra-t-il continuer à espérer le développement du pays avec la présence constante des missions de l’Onu ? En tout cas, la question mérite d’être posée.
jjoeantoine@yahoo.fr
Commentaires des lecteurs
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Des idees pour L'action | 10/02/2012
Le developpement d'Haiti depend de nous les haitiens avec l'aide de l'international par example, L'ONU. Il sera un probleme grave de blamer l'ONU pour notre sous-developpement. Nous n'avons pas des institutions normales.....Archange Deshommes, RECONSTRUCTION: A series of five year plans for development in Haiti......Adeshommes@hotmail.com (Miami, FL USA)
 
le neveu | 10/02/2012
La flatulence peut-elle provoquer un ouragan? Cette question aussi mérite d’être posée. TiManno Kant avait abordé cette problématique: Sag’ nicht alles was du weisst, wisse nicht alles was du liesest, glaube nicht alles was du hörest, tu’ nicht alles was du kannst. Traduction libre: Mets ton doigt dans ton nez, pointe-le vers le ciel et tu sauras la direction du vent.
 
aguerrier | 13/02/2012
Quoique certains elements du contingent militaire de la force internationale ont commis des bevues;ce n'est pas la force internationale "per se" qui a empeche le developpement d'Haiti.J'ai toujours signale ce cote faible de notre caractere.Nous agissons avec trop d'emotion.Parlant de developpement on ne peut accuser une organisation qui assiste le pays depuis
 
aguerrier | 13/02/2012
..../...seulement vingt ou vingt-cinq ans que notre comportement nous a occasionne d'etre sous la ferule de ces gens;alors que le travail de developpement de ce pays se fait attendre depuis plus de deux cents ans.
 
le neveu | 22/02/2012
Bernard-Henri Lévy a demandé aux dirigeants occidentaux de cesser de faire des fellations aux dictateurs arabes. Genre Kadhafi. Aujourd’hui, je supplie notre dictateur de service de cesser de pomper. Même s’il affirme qu’il n’avale pas, ça ne change rien à l’affaire. On le sait, c’est sur nous (étudiants, journalistes, parlementaires…) qu’il crache…
 
le neveu | 22/02/2012
Pour développer un pays, deux choses sont indispensables : des idées et de l’argent. Tout sur Caracol et le tourisme, c’est croire en la vertu magique de l’esclavage et de la prostitution. De l’argent : EDH (une vache tellement amaigrie qu’elle ne peut pas donner du lait); la loterie-borlette (contre, mais s’il en faut une, d’État); monopole de l’État sur 2 ou 3 ...
 
le neveu | 22/02/2012
autres affaires… Et une fonction publique que s’occupe de la chose publique comme si elle était vraiment publique, fournissant des services et récupérant taxes, impôts et redevances dus à l’État…
 
le neveu | 22/02/2012
Il doit y avoir quelque part un petit génie haïtien qui soit à même de pondre un système de taxation et d’imposition capable de taper sur les milliardaires de l’Import-Import et favoriser les PME qui structurent une économie et créent de l’emploi. Vous voulez des noms? J’attends que le Président-PM ait fini de danser. Et que le Sud ait fini de décoller!
 
le neveu | 22/02/2012
Il doit y avoir quelque part un petit génie haïtien qui soit à même de pondre un système de taxation et d’imposition capable de taper sur les milliardaires de l’Import-Import et favoriser les PME qui structurent une économie et créent de l’emploi. Vous voulez des noms? J’attends que le Président-PM ait fini de danser. Et que le Sud ait fini de décoller!
 
 
 
 
 
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