Les plaies du 12 janvier 2010 ne se sont pas encore cicatrisées. Les tas de décombres qui bordaient les rues ont diminué mais beaucoup d’endroits en sont encore couverts. Le Palais national toujours en ruine, des bâtiments à moitié détruit, des routes fissurées, des trottoirs défoncés, presque rien ne semble avoir changé depuis ce 12 janvier fatidique. Pourtant les discours et les projets de reconstruction ne tarissent pas. Les dernières estimations révisées pour Port-au-Prince ont fait état de 25 millions de mètres cubes de débris laissés par ce tremblement de terre de janvier 2010.
Un rapport du Programme des Nations Unies pour le développement estime que de janvier 2010 à aujourd’hui plus de 40% des 25 millions de mètres cubes de débris laissés en Haïti par le tremblement de terre ont été dégagés au cours d'une vaste opération de déblayage entreprise par les Nations Unies et des partenaires. En parallèle, les propriétaires des maisons et des entreprises privées ont évacué près de 10 % de gravats supplémentaires.
« C’est une tâche colossale, selon Jessica Faieta, directrice principale du PNUD en Haïti ». « Cela fait 20 mois que nous travaillons sans répit avec le Gouvernement haïtien, particulièrement le MTPTC, les organisations de la société civile, la communauté internationale, et en particulier les membres des communautés dans le cadre de ce nettoyage grandeur nature», a-t-elle ajouté. Elle rappelle que les progrès réalisés depuis le tremblement de terre du 12 janvier 2010 doivent être mesurés à l’aune des problèmes auxquels est confronté Haïti qui a perdu plus de 300 000 habitants, dont 30 % de ses fonctionnaires, ainsi que des infrastructures essentielles.
Lors de cette catastrophe qui a secoué le pays, plus de 80 000 bâtiments s’étaient effondrés à Port-au-Prince et les environs, laissant une masse de béton, acier et autres débris équivalents à 4 000 piscines olympiques selon ce qu’a souligné ce rapport du PNUD. Deux ans plus tard, environ 12.5 millions de mètres cubes de décombres avaient été déblayés. Le PNUD coordonne les activités de près de 50 partenaires actifs dans le pays en appui au gouvernement haïtien – organisations non-gouvernementales nationales et internationales, secteur privé et agences sœurs des Nations Unies – en cartographiant toutes les initiatives de déblayage dans les zones affectées.
« Ces initiatives sont essentielles pour la reconstruction d'Haïti », d’après Nigel Fisher, coordonnateur résident et coordonnateur de l'action humanitaire des Nations Unies. « Nous œuvrons à la réhabilitation des quartiers et à l'amélioration des conditions de vie en restaurant l'accès aux services de base afin que les Haïtiens puissent rentrer chez eux en toute sécurité», a-t-il conclu.
L'USAID et le ministère américain de la Défense ont aussi contribué à enlever des décombres à Port-au-Prince. Ils ont dépensé plus de 98 millions de dollars américains pour supprimer 882.000 mètres cubes de décombres. Les coûts d’expédition des équipements lourds par voie maritime, les rares terrains où ces débris peuvent être déposés se loue ou se vendent à prix d’or. Le problème des aires de déversements reste entier et ce n'est pas faute d'avoir essayé les aspects fonciers sont des obstacles plus insurmontables que l’enlèvement des débris eux-mêmes.
Selon un projet qui a été soumis à la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH), le déblaiement des décombres devait coûter 44 millions de dollars par million de mètre cube, et environ 2 millions de mètres cubes devraient être traités d’ici à la fin de l’année 2012. Ce projet qui pourrait se révéler très coûteux pour Haïti a mis en évidence la méthode du canadien Gilles Boulanger de Creatinc, une compagnie basée au Canada.
Tout compte fait, deux ans après, les problèmes hérités du 12 janvier 2010 ne sont qu’en partie résolus. Le peuple souffre encore des séquelles de cette terreur. Les responsables ne montrent pas assez d’enthousiasme et de volonté. Pourtant les conditions de vie se dégradent un peu plus chaque jour. Les décombres à Port-au-Prince et dans ses environs n’ont toujours pas disparu. La vie a besoin de renaitre dans ce pays. Il faut donc un peu plus d’effort et de sacrifice.