102è Année - Un siècle d’information - www.lematinhaiti.com - Dernière mise à jour : 13/02/2014 14:53:09   26 Nov 2014-07h34
Départ immédiat de la Minustah, quels coûts pour l’économie?
Le viol perpétré par les soldats uruguayens de la Minustah à Port-Salut a provoqué de violentes manifestations de rues dans la capitale haïtienne. L’objectif premier de celles-ci est d’obtenir le départ immédiat de la Minustah du pays. Une idée qui fait écho dans divers secteurs de la vie nationale bien que les avis semblent partagés quant à la démarche à suivre pour obtenir ce retrait. Certains pensent qu’un départ brusque de la Minustah risque de créer une situation de tension dans l’économie alors que pour d’autres c’est l’inverse vu que l’existence même de cette mission porte préjudice à l’économie du pays.
L'économiste haitien Kesner Pharel
Le viol perpétré par les soldats uruguayens de la Minustah à Port-Salut a provoqué de violentes manifestations de rues dans la capitale haïtienne. L’objectif premier de celles-ci est d’obtenir le départ immédiat de la Minustah du pays. Une idée qui fait écho dans divers secteurs de la vie nationale bien que les avis semblent partagés quant à la démarche à suivre pour obtenir ce retrait. Certains pensent qu’un départ brusque de la Minustah risque de créer une situation de tension dans l’économie alors que pour d’autres c’est l’inverse vu que l’existence même de cette mission porte préjudice à l’économie du pays.

Après avoir été au cœur d’un scandale de pédophilie du côté de Port-Salut, la force onusienne de la Minustah s’est trouvée aux prises à une vague de manifestations de rues réclamant son départ du pays. Certaines de ces manifestations ont été initiées par les étudiants aux alentours des champs de mars et ceci malgré les regrets formulés par les responsables de cette organisation au sujet de ce grave incident qui déshonore le peuple haïtien. Le sénat haïtien semble appuyer cette idée si on en croit cette dernière résolution qu’il a adoptée, visant un départ intégral des composantes civiles et militaire de la Mission de stabilisation de l’ONU en Haïti (MINUSTAH) d’ici octobre 2012, soit à l’expiration du nouveau mandat d’un an que s’apprête à lui accorder le conseil de sécurité.

Si les avis convergent vers un éventuel départ de la force onusienne du pays en revanche, la manière de procéder pour obtenir ce retrait semble diviser plus d’un. Pour l’exécutif, ce retrait devrait être fait de manière coordonnée et progressive. L’argument avancé par ce dernier c’est que le pays ne sera pas en mesure d’assurer sa propre sécurité si le départ de la force onusienne était brusque. Si cela se produisait, il induirait une flambée d’insécurité qui affecterait les investissements tant privés que publics et saperait les efforts de reconstruction.

Pour d’autres, la préoccupation est l’incidence d’un tel départ sur l’économie qui jusqu’à présent tarde toujours à se remettre de l’hécatombe du 12 janvier.

Pour l’économiste haïtien Kesner Pharel qui intervenait sur les ondes d’une radio de la capitale, ce départ doit être planifié afin de ne pas générer des tensions économiques dans la société haïtienne. Il a indiqué qu’à l’heure actuelle, la Minustah est un grand pourvoyeur d’emplois dans le pays et apporte une bouffée d’oxygène à notre économie notamment par leurs dépenses de fonctionnement journalier, incluant celles de consommation de nourriture, de logement, énergétiques et de loisirs, etc., qui s’élèvent à des millions de dollars annuellement. Un tel scénario risquerait d’avoir un impact négatif sur le secteur du logement et de l’hôtellerie dont l’organisme onusien est l’un des principaux clients.

Camille Chalmers, directeur exécutif de la Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA), rejette ce point de vue et plaide pour un départ immédiat. A son avis, la Minustah a échoué dans sa mission visant à créer un climat stable devant favoriser le développement du pays. Selon le responsable de la PAPDA, au lieu d’accomplir la mission qui leur a été assignée, la Minustah s’est contentée de fouler les droits des Haïtiens a-t-il fait savoir. Le dernier en dâte et qui a soulevé la conscience citoyenne est le viol commis sur Johny Jean, un jeune de 18 ans originaire de Port-Salut. «En conséquence je suis pour un départ immédiat de la Minustah du pays.

Pour M. Chalmers, la définition même de cette mission porte préjudice à l’économie du pays. Le fait d’avoir dans ses objectifs de venir stabiliser le pays laisse croire que c’est un pays instable et non propice au climat des affaires. Une situation qui risque de décourager les investisseurs désireux de venir s’établir dans le pays. « En ce qui a trait aux emplois que crée la force onusienne, les plus décents sont destinés aux expatriés. Ce qui explique le fait qu’une bonne partie des salaires distribués dans le cadre de son fonctionnement ne reste pas au pays et ne profite pas à notre économie » a-t-il ajouté.

Actuellement, l’économie haïtienne se trouve dans une incapacité de générer des emplois. Cette situation s’est détériorée suite au séisme du 12 janvier. Les emplois issus des établissements privés formels ne comptent que pour 1.9% de l’emploi total. Le taux de chômage s’élève à 16.8% pour l’ensemble urbain et rural et il est d’autant plus élevé en milieu urbain notamment dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince où il atteint 33.3%. L’essentiel est de savoir si le pays serait apte à absorber immédiatement le volume de personnes qui se retrouveront immédiatement au chômage après un départ immédiat de la Minustah?

ppricardo1983@yahoo.fr
Pierre Ricardo Placide
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Edouin | 23/09/2011
Himler Rebu avait bien posé la question; les dirigeants haïtiens doivent convaincre l'international que si on nous dote d'une force armée, que celle ci ne sera pas utilisé contre la population. La recente perturbation de la conference de presse de l'amnesty international prouve encore une fois que les bourreaux d'Haiti sont là et vivants prêts à frapper.
 
 
 
 
 
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