(voir édition du 8 au 10 janvier)
2.Les vrais défis du secteur touristique haïtien pour la décennie 2010-2020
La période allant de 1995 à 2009 a certes porté le sceau d’une multiplicité de logiques et de réalisations au profit du secteur touristique haïtien ; cependant, à l’orée de la décennie 2010-2020, pour parvenir au développement intégral et harmonieux du tourisme haïtien, d’autres défis plus importants doivent être également relevés.
2.1.Défis sur le plan de la sécurité et la stabilité politique
L’activité touristique est intimement liée à une sécurité publique et un niveau de stabilité politique acceptables. Ceci étant, pour faciliter le développement du secteur touristique, il est suggéré de :
Maintenir et/ou au mieux améliorer la situation sécuritaire du pays (sanitaire, physique, alimentaire, etc.) ;
Créer un corps de police touristique devant protéger les touristes en visite dans les zones à fort potentiel touristique, et créer éventuellement une certaine confiance auprès des éventuels visiteurs de la destination Haïti ;
Respecter les délais d’organisation d’élections honnêtes et démocratiques dans le pays ;
Créer un état de droit pouvant mettre en confiance toutes les entités sociales, économiques et politiques du pays.
2.2.Défis sur le plan organisationnel
Aménager des mécanismes normatifs réglementant les relations entre les entités étatiques évoluant dans des domaines connexes et complémentaires (Ministères du Tourisme, de la Culture, de l’Environnement, de l’Agriculture, etc.) ;
Former le Conseil National du Tourisme, composé de membres des secteurs privé et public, opérationnel sous la houlette du président de la République ou le cas échéant, le Premier ministre, et incluant les ministères dont la contribution est indispensable au développement du secteur touristique ;
Inciter les intervenants du secteur touristique au niveau régional à se regrouper afin de promouvoir la destination Haïti dans un esprit de partenariat avec les tours opérateurs étrangers et nationaux ;
Renforcer la structure et l’assise des bureaux touristiques régionaux afin qu’ils puissent contribuer au mieux au processus de développement touristique local, en les attribuant des objectifs précis et clairs avec un budget, des délais d’exécution et un devoir de résultats.
2.3.Défis sur le plan de la formation touristique
Valoriser la formation touristique, et mettre à niveau les ressources humaines du secteur ;
Créer un véritable appareil de formation aux métiers du tourisme et de l’hôtellerie jadis prôné par le PDT de 1996 ;
Initier l’enseignement du tourisme dès l’école primaire afin d’asseoir l’importance que revêt cette activité pour l’économie nationale et la société ;
Promouvoir la formation continue et alternée à l’intention des opérateurs touristiques, des professionnels, des propriétaires et managers de PME touristiques ;
Consolider la modernisation de la gestion des établissements de formation touristique reconnus (École Hôtelière d’Haïti, UNIQ, ISERSS-IERAH/Département Tourisme et Patrimoine, etc.) ;
Faciliter l’implantation d’une école de formation aux métiers du tourisme et de l’hôtellerie dans chaque grande zone à fort potentiel touristique (Cap-Haïtien, Jacmel, Saint-Marc/Côte des Arcadins, Cayes, etc.) ;
Soutenir la formation de nutritionnistes et d’hygiénistes pour assurer la valorisation et le contrôle de la qualité des denrées alimentaires consommées par les touristes.
2.4.Défis sur le plan d’aménagement et d’investissement
Développer et encourager la valorisation et l’exploitation de notre patrimoine culturel et historique à des fins touristiques ;
Aménager, gérer professionnellement et protéger les plages et les rivières ainsi que le développement de nouveaux sites encore préservés ;
Promouvoir et renforcer les sociétés nationales d’aménagement « touristiques » en élargissant leurs domaines d’intervention, tout en évitant que les aménagements ne soient orientés vers l’immobilier à la défaveur du tourisme ;
Stimuler la construction de nouvelles unités hôtelières par l’application effective et non discriminatoire des acquis du Code des investissements et l’aménagement d’un cadre plus propice à l’investissement touristique ;
Créer une agence foncière touristique afin de mettre à la disposition des promoteurs et investisseurs un portefeuille de sites touristiques à développer à des prix compétitifs ;
Revoir et rendre applicables des normes de classement et de construction des établissements d’hébergement afin de réduire les coûts de construction et d’exploitation de l’unité chambre et les porter à répondre au mieux aux standards internationaux ;
Parvenir à un consensus rapide et favorable autour du cuisant problème foncier qui constitue l’un des plus gros handicaps à la réalisation de bon nombre de projets d’investissements touristiques dans le pays ;
Faciliter la mise en place du Fonds de développement touristique pour supporter les initiatives des PME touristiques qui ont toujours un accès difficile au crédit bancaire ;
Assainir et réhabiliter le centre-ville historique du Cap-Haïtien, le centre-ville de Jacmel, le bord de mer et le bicentenaire de Port-au-Prince, etc. ;
Promouvoir et stimuler la réfection et/ou l’aménagement des voies de communication conduisant aux sites touristiques et favorisant le développement du tourisme local ;
Encourager et attirer d’autres projets de construction de port de croisière à l’instar de Labadie (Nord) et dans des zones telles le Môle Saint-Nicolas, île de la Tortue, Chouchou Bay, Jacmel, Grosse Cayes, etc.
2.5.Défis sur le plan de management des régions
Impliquer davantage les collectivités locales, les autorités locales, les compétences et les associations touristiques régionales dans le processus de développement du tourisme local en incitant ces dernières à renforcer les moyens destinés à l’entretien et à la sécurité des sites touristiques ;
Supporter les initiatives locales et faciliter l’écoulement des produits locaux d’origine agricole, artisanale ou de pêche aquatique et encourager le développement de l’hébergement chez l’habitant, dans le cadre du développement de l’écotourisme et du tourisme de montagne en particulier (le cas de l’association des paysans de Vallue, etc.);
Promouvoir une culture touristique chez les citoyens haïtiens et les porter à être sensibilisés à l’importance du tourisme dans le développement socio-économique du pays ;
Soutenir les bureaux régionaux touristiques (Cap-Haïtien, Jacmel, Cayes, Grand’Anse) établis dans les principales zones touristiques du pays et les antennes du Ministère du Tourisme (Marchand Dessalines, Dame-Marie) pour en constituer des pivots du développement du tourisme local, et les encourager à participer à la promotion, aux campagnes publicitaires, à des tours éducatifs dans nos villes de province, etc.
À suivre...