Après la défaite de la Sélection nationale face au Mexique, le 19 juillet 2009, au New Dallas Cow-boys Stadium, James Marcelin a bien voulu répondre à nos questions sur la performance de la sélection à la 10e édition de la Gold Cup.
Gérald Bordes (G.B.) : Avant la Gold Cup, la rumeur circulait que vous aviez refusé de jouer pour la sélection à cause d’une question de per diem. Est-ce vrai ?
James Marcelin (J.M.) : Non. Le président de la Fédération et le sélectionneur m’avaient demandé de venir disputer les deux matches de préparation contre la Martinique et le Panama. Je leur avais dit que je ne pouvais pas parce que je jouais une compétition avec mon équipe et je leur avais promis que je serais avec eux à Montréal. Ils m’avaient répondu que si je ne venais pas, je ne ferais pas partie de l’équipe qui va disputer la Gold Cup. Je leur avais tout simplement dit : merci ! Je n’ai jamais évoqué une affaire de per diem pour jouer.
G.B. : Lors de la première rencontre face au Honduras, tous les observateurs disent que vous êtes fautif sur le but encaissé par la sélection. Partagez-vous ce point de vue ?
J.M. : Oui, je suis fautif sur le but. Mais avant le match, c’est Bruny qui avait la responsabilité de le surveiller. Les entraîneurs savent très bien que je ne suis pas un bon joueur de tête.
G.B. : Haïti menait 2-1 aux dépens des États-Unis et à la 92e minute, on a encaissé le but égalisateur 2-2. Pensez-vous que le sélectionneur devait procéder à son dernier changement pour permettre à l’équipe de respirer ?
J.M. : Tu connais déjà la réponse ! (Rire)… C’est vrai.
GB : Que s’est-il passé face au Mexique ? L’équipe était méconnaissable, et le peuple qui attendait pour la première fois une victoire était déçu de votre prestation.
J.M. : On savait que l’équipe mexicaine était plus forte que nous et possédait des joueurs qui évoluent au plus haut niveau. Pour être franc, plusieurs de mes coéquipiers avaient la peur au ventre avant et pendant cette rencontre. En plus, les dirigeants ont commis une grave erreur en démoralisant l’équipe. Un de ces dirigeants est venu avec une feuille pour dire aux joueurs avant le match : « si on est éliminé, où allez-vous ? Est-ce que vous retournez en Haïti ou vous restez à Miami ou à New Jersey ? » Voilà l’ambiance qui régnait avant l’affrontement face au Mexique. Pour moi, c’est l’une des raisons qui a occasionné notre contre-performance.
G.B. : D’après vous, le sélectionneur Jairo Rindon est-il qualifié ? Sinon, qu’est-ce que vous lui reprochez ?
J.M. : Il n’est pas qualifié, mais je ne peux rien lui reprocher…
G.B. : Avez-vous été sollicité par d’autres clubs ? Et votre contrat avec le Porto Rico Islanders court jusqu’à quand?
J.M. : Seulement DC United de la Major League Soccer (MLS) m’avait sollicité. Mon contrat prend fin avec Porto Rico Islanders après cette saison.
GB : Fabrice et vous évoluez dans la même équipe. Y a-t-il une possibilité de retrouver d’autres coéquipiers haïtiens à Porto Rico Islanders ?
J.M. : C’est mon souhait, mais les joueurs haïtiens doivent être disciplinés. Il y a aussi un problème : notre championnat national n’est pas diffusé sur la scène internationale, et les joueurs talentueux n’ont pas d’agent pour les placer sur la scène internationale.
G.B. : Un mot pour la jeunesse. Quand on sait que vous avez été éduqué par votre grande sœur.
J. M. :Jeunesse, je vous suggère d’aller à l’école. Restez solidaire dans toutes les circonstances. Vous avez beaucoup de talents. Vous devez avoir un rêve et vous avez l’obligation de travailler pour que votre rêve devienne réalité.