Le Groupe de travail sur la compétitivité (GTC) a présenté le jeudi 28 mai, à l’Hôtel Montana, le travail réalisé depuis sa création, en janvier 2009 par le président de la République, à nos jours. Sur 20 membres composant cette commission présidentielle, quinze environ étaient présents pour ce premier bilan.
Le journaliste Garcia Marc-Aurel, membre de la commission, qui faisait office d’animateur a exposé le contexte de la formation de cette commission et a surtout souligné le bien-fondé de ce groupe de travail qui a pour mandat de proposer un plan stratégique de compétitivité pour notre pays. Le mandat de la commission comprend deux volets: l’un qui s’inscrit dans la réflexion large et consensuelle avec le maximum de secteurs et débouchera sur « vision partagée » ou plan stratégique de relance ; l’autre qui prévoit d’améliorer le climat des affaires à travers des recommandations pratiques immédiates, les « Quick Wins » que Marcus prend plaisir à traduire par « Kou’l cho li kwit ».
La deuxième intervenante à cette conférence-bilan, Mme Gladys Coupet, coordonnatrice de la commission, a jugé bon de rappeler le profil des membres de la commission en vue de montrer la diversité qui y règne. « Formé d’industriels autant que d’agronomes, intégrant plusieurs économistes, un journaliste, un syndicaliste, des ingénieurs, des professionnels du secteur public ou privé, des représentants de la province comme de Port-au-Prince, des femmes et des hommes motivés, rassemblant des expériences diverses, en Haïti, dans la diaspora ou à l’international, le groupe de compétitivité est un groupe représentatif des secteurs clef du pays », a fait savoir Mme Coupet. «Malgré cette diversité, le GTC a su construire une solide homogénéité en étant à l’écoute de ses membres et en travaillant dans la transparence », a-t-elle poursuivi.
D’après l’ex-présidente de la Chambre de commerce haitianoaméricaine (AMCHAM), les différents membres de la commission s’étaient mis d’accord en vue de définir un énoncé de mission pour le groupe. Ils ont adopté ce qui suit : « Le GTC allie analyse rigoureuse, dialogue et action en vue de changer les attitudes et les comportements collectifs, d’éliminer les obstacles au développement des affaires, d’identifier les secteurs porteurs de l’économie qui créeront massivement du travail et de la richesse pour tous ».
La mission du GTC , selon les panélistes, consiste à trouver un consensus, avec l’éventail le plus large et plus représentatif, sur la ligne d’attaque à adopter pour la relance économique d’Haïti. Ceci passe par l’analyse et l’identification :
de 4 à 6 secteurs prioritaires pour la relance et la croissance du pays. À court terme seront privilégies les secteurs créateurs d’emplois ; à moyen terme, ceux qui peuvent faire évoluer Haïti vers des industries à plus forte valeur ajoutée.
des obstacles qu’il faut éliminer : par exemple les contraintes qui ralentissent les affaires au niveau des petites et moyennes entreprises (PME), ou encore les mentalités qu’il faut faire évoluer ;
d’objectifs mesurables pour que le groupe puisse évaluer les progrès accomplis.
Ces éléments seront présentés en août dans un document stratégique titré « Une vision partagée pour une Haïti compétitive et prospère ».
Selon les membres de la commission présidentielle de compétitivité, une étude nationale sur la compétitivité est en cours de réalisation avec tous les groupes représentatifs de notre société : groupes religieux, paysans, industriels, femmes, journalistes, etc.… afin de cerner les mentalités et les perceptions, deux composantes essentielles du succès du projet. À partir de cette étude sera lancée une campagne de communication nationale, dans l’objectif que la société, dans son ensemble, s’approprie l’entreprenariat, la compétitivité, la richesse et la prospérité.
Le GTC est formé de plusieurs sous-groupes dont : celui des actions immédiates ou « Quick Wins », celui du salaire minimum et celui de l’agriculture. L’agronome Philippe Mathieu, intervenant au nom de « Quick Wins », a informé sur l’objectif de ce sous-groupe. C’est une formation qui travaille sur des actions qui peuvent offrir des « gains rapides » ou « Quick wins », comme, par exemple, faciliter et accélérer le processus administratif de création d’entreprises. Le groupe Compétitivité et les intervenants de tous les secteurs sont en train d’identifier les obstacles actuels et les moyens de les éliminer pour améliorer rapidement la position d’Haïti dans le classement « Doing Business » publié annuellement par la Banque mondiale.
Le porte-parole du sous-groupe salaire minimum, l’économiste Pierre-Marie Boisson, a souligné que le salaire minimum a été une question qui a interpellé les différents membres du GTC. Cependant le GTC n’a pas eu le temps d’intervenir puisque la loi avait été déjà votée. « Le GTC est un groupe très large qui contient des représentants des Chambres de commerce, du secteur syndical, néanmoins, il n’entend pas prendre des positions pour tel ou tel secteur», a souligné PierreMarie Boisson. Le GTC n’a donc pas de position sur le salaire minimum.
L’agronome Inette Durandis, porte-parole du sous-groupe « agriculture » a souligné qu’il faut changer en profondeur la politique macroéconomique en cours dans le pays si nous voulons vraiment être compétitifs. Ne voulant pas rentrer dans les détails, Mme Durandis a noté que nous devons faire des choix stratégiques pour le pays en matière d’agriculture et que nous devons assumer nos responsabilités par rapport à la communauté internationale et ne pas changer d’orientation à chaque fois. Elle a également fait état de la question foncière qui doit être touchée.
Pour atteindre ses objectifs, le Groupe compétitivité s’appuie sur une méthodologie proposée par la firme d’experts internationaux, OTF Goup. Cette méthodologie, adaptée à notre pays, s’attache à recueillir le maximum d’approches locales pour proposer une vision «pour Haïti, et par Haïti ». Les réflexions conduiront à faire les choix judicieux et à concentrer les efforts sur les secteurs les plus porteurs pour faire redémarrer le pays.