Ces derniers temps, on observe un certain relâchement au point de vue civique, en somme du désintéressement parmi les plus jeunes qui n’accordent aucune importance au bicolore national. Forts de ce constat, les responsables gouvernementaux envisagent, cette année encore, toute une série d’activités pour commémorer la fête du drapeau le lundi 18 mai.
C’est au cours d’une conférence de presse donnée, mardi, au ministère de la Culture et de la Communication, que la semaine du drapeau a été lancée officiellement par des responsables gouvernementaux et la Commission présidentielle de commémoration de la décennie du bicentenaire. Entre autres présences ont été remarquées celles de Olsen Jean Julien, ministre de la Culture, Paul Antoine Bien-Aimé, ministre de l’Intérieur, Joël Desrosiers JeanPierre, ministre de l’Education nationale, les historiens Michel Hector et Claude Moise, respectivement président et viceprésident de la dite commission.
« Drapeau, symbole du dialogue et de la solidarité nationale », est le thème autour duquel s’organiseront les activités commémoratives, dont une conférence-débat télévisée au Musée du panthéon national (Mupanah) sur le sujet «Signification du drapeau dans la lutte pour la liberté et la fondation de l’Etatnation en Haïti (18031820) », des veillées patriotiques à l’Arcahaie et le Te Deum traditionnel qui clôturera, le 18 mai, la commémoration. Plusieurs débats autour du drapeau sont prévus dans des lycées à travers le pays.
Michel Hector, après avoir fait l’historique du bicolore, commémoré pour la première fois en 1932, a souligné qu’il faut profiter de cette commémoration pour réconcilier les membres de la société haïtienne et raviver la flamme de l’unité. « Il faut retrouver la signification du drapeau ainsi que celle de notre histoire afin de leur donner leur vrai place dans le combat que nous menons pour réconcilier la patrie avec elle-même au moment où nous nous battons pour pouvoir refonder l’État », a-t-il déclaré, martelant que le drapeau est un symbole d’identité et d’unité pour tous les Haïtiens. Rappelant que les mouvements nationaux ont toujours accordé une importance particulière aux bicolores, l’historien Michel Hector a souhaité que la célébration du drapeau joue un rôle essentiel dans le processus du dialogue national. « Nous souhaitons que la fête du 18 mai ait plus d’ampleur. Car c’est seulement dans ces célébrations patriotiques qu’il y a autant de résonnance. Et nous pouvons ainsi sensibiliser la population », a-t-il conclu.
De son côté, Claude Moïse a déploré que le pays ne soit pas bien imbu de la mission de la Commission du bicentenaire dont le mandat est de dix ans. Il s’est par ailleurs félicité que la Commission profite des occasions, comme la fête du drapeau, pour célébrer la mémoire des événements majeurs du pays. Dans cette perspective, il est prévu de célébrer avec ampleur le centenaire de la mort d’Anténor Firmin.
Selon les historiens, la fête du drapeau s’inscrit dans le cadre de la lutte contre l’occupation américaine, car les constitutions antérieures à cette occupation ne mentionnent pas cette célébration. Deux références y relatives sont : la loi du 4 août 1920 qui parle aussi de la fête de l’Université et la Constitution de 1932.