Prodep : trouver des réponses aux besoins des populations les plus pauvres !
Des responsables du Bureau de monétisation, dont Michaël Lecorps (au milieu).
Moulins à grains, magasins communautaires, centres de traitement d’eau, boutique d’intrants agricoles, centre de santé, assainissement… Le Projet national de développement communautaire participatif (Prodep) en milieu rural vient à la rescousse des populations locales.
À l’initiative du Bureau de monétisation, une centaine de représentants d’organisations communautaires, issus des dix départements géographiques d’Haïti, ont bravé des routes rocailleuses et défoncées du département du Centre, pour venir partager, du 25 au 27 mars dernier, leurs expériences de développement local, à Papay, dans la commune de Hinche. Il s’agissait pour les organisateurs de tisser, voire de renforcer, des liens entre les différentes associations paysannes, bénéficiaires des Programmes d’aide au développement. Le Projet national de développement communautaire participatif (Prodep), lancé il y a trois ans dans une trentaine de communes du pays, vise à stimuler la synergie, consolider les communautés et apporter des réponses aux besoins prioritaires des populations les plus pauvres. Intervenant à l’ouverture des assises, le directeur du Bureau de monétisation, Michaël Lecorps, a indiqué que « l’unité, la participation, la cohésion sociale donnent toute son importance à l’activité du jour ». Et le coordonnateur de projet, Henriot Nader, d’ajouter : « Notre philosophie est de nous mettre ensemble en vue de trouver des réponses aux besoins de la population. » Le Prodep est né d’une expérience pilote de la Fondation panaméricaine de développement (PADF) en décembre 2005. Depuis, 808 sousprojets ont été mis en chantier sur un total de 1 188 retenus comme des priorités. 424 sont achevés. Ils sont répartis en sous-projets d’infrastructures, productifs et sociaux et comprennent notamment la réhabilitation de tronçons routiers, le réaménagement de centres scolaires, la création de systèmes d’adduction d’eau potable, la construction de centres culturels, l’érection de centres de transformation de produits agricoles, l’édification de centres de santé, etc. De telles réalisations ont convaincu la Banque mondiale, principale agence de financement du programme, d’augmenter son enveloppe de 38 millions à 48 millions de dollars américains. Le directeur du Bureau de monétisation a appris que les 10 millions supplémentaires ne sont pas encore engagés, mais cependant l’accord a été signé entre les deux parties. Environ 20 millions 230 mille dollars sont investis dans les sous-projets. Le Prodep , qui s’étend sur 5 ans (décembre 2005 à juin 2010), doit permettre de compléter environ 1 200 sous-projets d’ici à 2010 dans les 59 communes les plus pauvres du pays, selon une carte de la pauvreté établie par le ministère de la Planification en 2005. La population totale ciblée est estimée à 2 millions 319 mille 292. Au 31 décembre 2008, le Prodep a étendu ses activités dans 59 communes et 238 sections communales, réparties dans les 10 départements du pays. Il a, par ailleurs, recensé 4 012 organisations communautaires de base (OCB), chargées d’identifier les besoins des communautés.
Les Coprodep insatisfaits du montant des sous-projets
Les représentants des Conseils de projet de développement communautaire (Coprodep) ont tous félicité l’initiative qui a permis aux communes les plus pauvres d’assurer leur prise en charge, notamment par l’élevage de bovins à Thomassique, l’irrigation de la ville de Mirebalais, la réhabilitation de la route La Vallée, la construction d’une pharmacie communautaire au Bel-Air, l’atelier de cordonnerie à Cité Soleil, etc. Cependant, ces gestionnaires de fonds ont affirmé d’une voix commune que les 17 mille 500 dollars américains alloués à chaque projet sont insuffisants. Arnold Pétion de Thomonde, Robinson Charles de Thiotte ou Mathias Oreste de Côtes de Fer sont d’avis que ce montant ne permet pas de réaliser des projets d’envergure.
Quid du Prodep
Le Projet national de développement communautaire participatif (Prodep) est un projet de l’État haïtien financé par la Banque mondiale. Le Bureau de monétisation joue le rôle d’agence d’exécution alors que le ministère de l’Économie et des Finances représente l’organisme de tutelle. PADF, Ceci, Care, Assodlo sont des maîtres d’ouvrages délégués (MDOD) qui interviennent dans l’exécution des projets, sous la supervision du Bureau de monétisation. Le Prodep est investi de la mission d’améliorer l’accès des Organisations communautaires de base (OCB) aux infrastructures socio-économiques de base et d’appuyer les activités génératrices de revenus par le financement de petits investissements proposés, mis en œuvre et gérés par ces mêmes organisations communautaires. Il envisage aussi d’améliorer la gouvernance au sein de ces communautés et de contribuer à construire ou renforcer leur capital social à travers un accroissement de la participation citoyenne à un processus de prise de décision ouvert, transparent et participatif au niveau local Le Conseil de projet de développement communautaire (Coprodep), formé d’organisations communautaires de base, de notables et d’élus de la commune, gère, avec un encadrement technique du Prodep, les sous-projets proposés par les communautés eux-mêmes.