INTEMPÉRIES / POPULATIONS SINISTRÉES / Les agences onusiennes se mobilisent ...
Mme Tania Patriota du Fnuap, François Kabore du Pnud et Mme Annamaria Laurini de l' Unicef.
Les représentants des différentes agences des Nations unies en Haïti ont dressé le bilan de leurs différentes opérations pour porter assistance aux victimes du passage des quatre ouragans qui ont successivement dévasté le pays et indiqué qu’un appel à l’aide sera lancé, dès ce mercredi, à Genève (Suisse), pour essayer de recueillir près de 100 millions de dollars devant leur permettre de poursuivre leurs opérations. L’annonce a été faite, ce mardi, à l’hôtel Christopher, quartier général de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah). Environ 64 tonnes de matériels, dont 42 consistant en nourriture, médicaments, kits d’hygiène…, ont déjà été acheminées aux Gonaïves par 46 vols d’hélicoptère en six jours. Plus de 80 000 personnes ont été accueillies dans des abris provisoires. Sophie Boutaud de La Combe, porte-parole de la Minustah, a, au nom de la force onusienne, présenté ses « condoléances les plus sincères, particulièrement aux familles endeuillées et à la population haïtienne, en général, dans ces moments de grande épreuve ». Une minute de silence a été observée en la mémoire des victimes. La porte-parole a réaffirmé la détermination des trois composantes de la Minustah, militaire, civile, police, « pour appuyer les autorités haïtiennes et porter assistance aux sinistrés dans tous les département du pays ». Elle a assuré par ailleurs que si l’attention est particulièrement tournée vers les Gonaïves, les autres régions du pays touchées par les ouragans ne sont pas pour autant oubliées, notamment le Grand Sud. D’après les responsables de la Minustah, un périmètre de sécurité a été établi autour des zones représentant un danger pour la population, dont le pont de Mirebalais. Les forces de sécurité se sont déployées aussi pour la sécurisation des convois de produits alimentaires du Programme alimentaire mondial (Pam) et leur distribution au niveau de Miragoâne, le sauvetage des enfants d’un orphelinat de la Croix-des-Bouquets et pour des opérations de sensibilisation. Le colonel Damir Milinovic a, de son côté, souligné les efforts consentis par les militaires onusiens pour venir en aide à la population en proie aux inondations. « Cela a été très difficile pour nous, car nos camps ont été également inondés. Mais nous avons pu procéder à l’évacuation de milliers de personnes, soit en hélicoptère, soit dans nos camions », a-t-il expliqué, indiquant qu’ils ont fourni les premiers soins et de l’eau aux personnes déplacées. La plupart des infrastructures routières ayant été détruites, a précisé, pour sa part, le colonel Martin Girard, chef d’état-major de la composante militaire de la Minustah, les agents de la force onusienne ont eu de grandes difficultés pour secourir les populations en détresse. Toutefois, a-t-il dit, « nous travaillons de concert avec des organisations, dont le Pam, l’Unicef, pour apporter de la nourriture aux personnes sinistrées ». Le colonel Gérard a tenu à souligner que « le bataillon argentin a beaucoup travaillé pour aider les sinistrés aux Gonaïves ». Aucun pays, voire Haïti caractérisée par la faiblesse de ses infrastructures, n’aurait pu faire face, sans dommages, à quatre ouragans successifs, a estimé Joël Boutroue, coordonnateur humanitaire résident en Haïti du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). « Nous sommes en train de faire une liste de zones prioritaires pour tout le pays afin de mieux coordonner nos actions », a précisé Joël Boutroue, soulignant la complexité de la situation aux Gonaïves où des résidents sont allés se réfugier dans d’autres communes. Pour Boutroue, il ne faudrait pas compter seulement sur l’aide d’urgence qui « va durer ce qu’elle doit durer ». D’autres initiatives doivent être entreprises, d’après lui, dans le long terme, « pour relancer l’agriculture, réparer les bassins versants, nettoyer les canaux…, des activités qui pourront injecter du cash et donner du travail aux plus démunis, toutes celles à haute intensité de main-d’œuvre ». Il a appelé toute la communauté haïtienne à se mobiliser pour relever le défi.
L’aide aux plus vulnérables
Intervenant à son tour, Annamaria Laurini, représentante du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), a exhorté les autorités et la population à accorder une attention spéciale à ceux qui demeurent les plus vulnérables : les enfants. « Grâce à une intervention rapide et au soutien du Pam et de la Minustah, plus de 12 000 enfants dans cinq départements du pays, dont 4 000 aux Gonaïves, ont pu recevoir de l’eau potable et d’autres matériels d’urgence, comme du savon et des couches pour les plus jeunes, des comprimés pour purifier l’eau et des casseroles », a-t-elle informé. Annamaria Laurini a indiqué que l’Unicef est particulièrement préoccupé par les risques d’épidémie de diarrhée qui, selon elle, sont très élevés. Mme Laurini a, plus loin, annoncé plusieurs mesures prises par son organisme, notamment en faveur de 26 000 personnes qui ont pu avoir accès à des conditions d’hygiène de base. L’Unicef a également fourni, selon Annamaria Laurini, une demi-tonne de lait thérapeutique et de pâte énergétique pour traiter les cas de malnutrition rapportés. « Aux Gonaïves, nous faisons le suivi des enfants abandonnés ou séparés de leur famille et nous distribuons des ballons et des jeux pour nous assurer que les enfants puissent avoir des moments pour s’amuser malgré la période difficile », a ajouté Annamaria Laurini, soutenant que l’Unicef compte participer pleinement à la réparation des maisons et des infrastructures endommagées par les intempéries. Tania Patriota, représentante du Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap) a, quant à elle, attiré l’attention sur le sort des femmes en ce moment difficile, notamment celles qui sont enceintes. Elle a fait savoir que des blocs sanitaires ont été installés à Cité Soleil et aux Gonaïves à l’intention de ces dernières. Des kits d’hygiène intime ainsi que d’autres matériels ont été distribués. « 16 000 femmes enceintes ont été secourues. Parmi lesquelles 4 000 sont en phase d’accouchement et des kits d’équipements d’accouchement seront disponibles dans certains hôpitaux », a-t-elle informé.